La stratégie russe peut conduire à un "Daechstan" en Syrie, selon Ayrault

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La stratégie russe peut conduire à un "Daechstan" en Syrie, selon Ayrault
La France réunit samedi, à Paris, les soutiens de l'opposition modérée syrienne pour tenter d'élaborer une stratégie face à l'offensive sur Alep-Est.@ STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Pour le ministre des Affaires étrangères, le soutient de la Russie au régime de Bachar al-Assad entretient l'instabilité en Syrie, à la faveur de Daech.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a averti mardi la Russie que sa stratégie de soutien au régime de Bachar al-Assad menaçait de conduire à une "partition" de la Syrie avec la constitution d'un "Daechstan". "Il y a une logique de guerre totale qui vise à conquérir la totalité de la 'Syrie utile'. Cette situation dramatique va encore s'aggraver", a prédit le ministre français au micro de RFI. "Partis comme nous sommes avec cette guerre totale, c'est la partition de la Syrie qui se profile, avec le risque que se constitue un 'Daechstan' à côté de cette Syrie utile", a-t-il ajouté.

La menace d'un chaos durable. "Mais ce n'est parce qu'Alep va tomber peut-être dans quelques semaines que la question de la paix sera réglée", a souligné Jean-Marc Ayrault. "La menace de radicalisation, la menace de conflit, la menace terroriste demeurera dans cette région et donc la voie militaire mène à un chaos durable dans cette région." Depuis fin novembre, les forces gouvernementales syriennes, militairement soutenues par la Russie, l'Iran et le Hezbollah libanais, ont largement progressé dans la partie orientale d'Alep-Est que tenaient les insurgés.

Une réunion à Paris. Les rebelles pourraient être évincés de la grande ville du nord de la Syrie, le dernier grand centre urbain sous leur contrôle. Ils seraient dès lors expulsés de la plupart des territoires constituant la "Syrie utile", qui inclut aussi l'ouest du pays, de Damas à Homs et jusqu'à Tartous, sur la côte méditerranéenne. La France réunit samedi à Paris les pays dits "affinitaires", soutenant l'opposition modérée syrienne, pour tenter d'élaborer une sorte de stratégie face à l'offensive sur Alep-Est. Mais peu de diplomates s'attendent à un résultat concret de cette réunion. Moscou et Washington doivent parallèlement discuter cette semaine de la situation.

Le veto systématique de la Russie. Lundi, au Conseil de sécurité des Nations unies, la Russie et la Chine ont opposé leur veto à un projet de résolution exigeant une trêve de sept jours à Alep et l'arrêt des combats dans l'ensemble de la Syrie. Le ministère syrien des Affaires étrangères a parallèlement déclaré dans un communiqué diffusé mardi que Damas rejetterait tout accord de cessez-le-feu négocié à Alep ne prévoyant pas le retrait de la totalité des "groupes terroristes" présents dans la ville.