La sortie misogyne du rival de Merkel

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La sortie misogyne du rival de Merkel
Avec sa sortie sur Angela Merkel, Peer Steinbrück s'est attiré les foudres de la presse et des internautes.@ REUTERS
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Pour Peer Steinbrück, la chancelière doit sa popularité au fait qu'elle est une femme.

S'il veut réussir à détrôner Angela Merkel, il devra peut-être apprendre à tenir sa langue. Peer Steinbrück, le principal rival de la chancelière allemande aux législatives de 2013, s'est attiré les foudres de la presse après une déclaration polémique sur Angela Merkel. Celle-ci bénéficierait, selon lui, d'un avantage politique dû au fait qu'elle est une femme.

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"Angela Merkel est populaire parce qu'elle bénéficie d'un bonus [de popularité] de la part des femmes", a déclaré dimanche le candidat du Parti social-démocrate (SPD) au quotidien des affaires, le Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung (FAS). "Une grande partie de l'électorat féminin apprécie la façon dont elle s'est affirmée depuis longtemps au sein de son parti, mais aussi, au-delà, en Europe. Ce n'est pas un inconvénient pour moi, mais un avantage pour elle", ajoute-t-il dans cet entretien.

"Échanger les rôles pendant une journée"

Sur Twitter, les propos de Peer Steinbrück ont immédiatement fait réagir. "Je recommande à Steinbrück un changement de sexe pour qu'il bénéficie lui aussi d'un bonus féminin", écrit ainsi @wolfgang_thies. @3mausimhaus invite de son côté les hommes qui parlent d'un "bonus féminin" à "échanger les rôles pendant une journée" et à "réfléchir".



"Je recommande à Steinbrück un changement de sexe pour qu'il bénéficie lui aussi d'un bonus féminin".



"Les hommes qui parlent de 'bonus féminin' devrait échanger les rôles pendant une journée. Et ensuite essayer de réfléchir".

Chancelier, un "job" pas assez bien payé

Mais dans cet entretien, Peer Steinbrück n'en est pas resté là. Il considère que le "job" de chancelier n'est pas assez bien payé, vu "ce que l'on attend de lui et comparé à d'autres jobs avec moins de responsabilités et beaucoup mieux payé". "Pratiquement chaque directeur de Caisse d'épargne de Rhénanie-du-Nord-Westphalie gagne plus que le chancelier", qui émarge tout de même à environ 17.000 euros par mois.

Ces propos sont particulièrement malvenus : Peer Steinbrück était en effet déjà sous le feu des critiques pour avoir reçu environ 1,25 million d'euros d'honoraires pour des conférences. Pour le magazine Der Spiegel, le candidat fait "un faux pas après l'autre". "Peut-être qu'il ne voulait pas le dire de cette façon, mais les mots du candidat SPD à propos de son adversaire […] ont été choisis très maladroitement", écrit l'hebdomadaire.