La sonde russe s'écrase dans le Pacifique

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La sonde russe s'écrase dans le Pacifique
@ Reuters
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Les fragments de la sonde martienne défectueuse sont tombés dans l'océan Pacifique vers 18h45.

Fin du suspense. Après une semaine de pronostiques, la sonde martienne russe baptisée Phobos-Grunt est finalement tombée dans l’océan Pacifique vers 18h45, heure de Paris. Plus précisément, les fragments sont atterri à 1.250 km à l'ouest de l'île de Wellington.

L’agence spatiale Roskosmos a tenté de prédire toute la semaine l’impact de cet appareil. Les spécialistes évoquaient d’abord le centre de l’océan Indien, puis les rives de Madagascar avant de prédire, une heure avant l’événement, une chute dans l’Atlantique, au large de l’Argentine.

"Un joli feu d’artifice"

Roskosmos s'était néanmoins voulu rassurant : même si des fragments de l'appareil devaient tomber sur une zone habitée, estimait l'agence, le danger pour la population serait minime car cette sonde de 13.500 kilos devrait se consumer en entrant dans l'atmosphère. Seuls 20 ou 30 débris, ne pesant au total pas plus de 200 kilos, devraient parvenir jusqu'à la surface terrestre, occasionant "un joli feu d'artifice".

Phobos-Grunt, lancée le 9 novembre, devait se diriger vers un satellite de Mars, Phobos, et en ramener des échantillons, mais elle a échoué à s'affranchir de l'attraction de Terre. Cet appareil, d'un coût de 165 millions de dollars, devait marquer le retour de la Russie dans l'exploration interplanétaire, abandonnée après l'échec en novembre 1996 de la sonde Mars 96 qui était retombée dans l'océan Pacifique.

La Russie aura du mal à établir les causes de cet échec, a estimé dimanche un responsable du secteur spatial russe cité par l'agence Interfax. "Nous n'avons pratiquement pas de données télémétriques de l'appareil, les données indirectes ne sont pas suffisantes", a déclaré ce responsable. "Je suis sûr que les conclusions de la commission d'enquête seront basées sur des suppositions et non sur des faits réels", a-t-il poursuivi.

Année difficile pour le spatial en Russie

L'industrie spatiale russe a connu une année noire en 2011, la perte de Phobos-Grunt étant l'un des cinq lancements russes à avoir échoué. Le dernier en date remonte au 23 décembre, lorsqu'un satellite de communications militaires et civiles est retombé en Sibérie en raison d'une panne de la fusée Soyouz le transportant.

Plus grave, l'échec en août du lancement par Soyouz d'un vaisseau de ravitaillement vers la Station spatiale internationale a paralysé pendant environ trois mois les départs vers l'ISS. Revenant sur ces déboires le 10 janvier, le directeur de Roskosmos a évoqué un complot étranger pour expliquer la perte de certains appareils.