La Russie amende sa position sur la Syrie

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La Russie amende sa position sur la Syrie
La Russie avait toujours opposé son veto aux projets de résolution contre la Syrie évoqués par l'ONU@ REUTERS
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Après des mois d'opposition aux projets de résolution de l'ONU, Moscou cherche un compromis.

La Russie assouplit sa position sur la Syrie. L’indéfectible allié du régime de Bachar el-Assad a présenté jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution évoquant entre autres le "recours disproportionné à la force par les autorités syriennes".

Le texte "exhorte le gouvernement syrien à cesser de réprimer ceux qui exercent leur droit à la liberté d'expression, de rassemblement pacifique et d'association".        

Si les représentants des pays occidentaux trouvent le texte encore un peu trop timoré, il s'agit néanmoins d'un pas de géant pour Moscou.

En octobre, la Russie et la Chine avaient opposé leur veto à un projet de résolution présenté par des pays européens, condamnant les violences et menaçant de sanctions le régime syrien.   

Pas de menace de sanctions

Moscou avait déjà tenté à deux reprises de faire passer son propre projet de résolution. La dernière, en septembre, avait été jugée inacceptable pour les pays Occidentaux car elle mettait sur un pied d'égalité la responsabilité de l'opposition et du régime du président Bachar el-Assad dans l'escalade de violence.

Dans le projet présenté jeudi, la Russie nuance davantage cette position. Le représentant permanent de la Russie aux Nations unies, Vitali Tchourkine, a précisé que le texte demandait à toutes les parties en présence de renoncer aux violences. En revanche, Moscou s'entête à refuser toute menace de sanctions.

Un bon début pour les Occidentaux

Les Occidentaux ont salué l'évolution de la position russe. "Nous sommes prêts à travailler sur ce texte", a dit le représentant permanent du Royaume-Uni, Michael Tatham."Mais permettez-moi d'être clair : nous pensons qu'il faut une résolution du Conseil de sécurité qui soit à la mesure de la gravité de la situation sur le terrain en Syrie. Et à notre avis, le texte que fait circuler la Russie ne correspond pas à cela".       

Même son de cloche du côté des Etats-Unis. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a indiqué qu'il y avait "certains points dedans (le texte) que nous ne sommes pas disposés à soutenir". Mais "nous espérons pouvoir travailler avec les Russes, qui pour la première fois conviennent que le sujet doit être pris en main par le Conseil de sécurité", a-t-elle ajouté.        

Quant à l'ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud, qui avait qualifié lundi de "scandale" le "silence" du Conseil de sécurité, il a estimé qu'il faudrait encore beaucoup d'amendements à ce projet.