La queue de cheval bannie en Iran

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La queue de cheval bannie en Iran
@ REUTERS
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Le ministre de la Culture a décrété une liste des coupes "islamiques" autorisées pour les hommes.

Les coiffures en brosse, à l'iroquoise ou la queue de cheval ne sont désormais plus les bienvenues dans les salons de coiffure iraniens. Ainsi en a décidé le ministère de la Culture, qui a publié lundi une liste des coupes de cheveux autorisées dans le pays.

Désormais, l’Iranien modèle se doit d’être rasé de près et de porter une coupe courte, voire avec un peu de gel…mais pas trop. L’épilation des sourcils est également proscrite. Un "journal des coiffures approuvées par le ministère de la Culture et l'Orientation islamique" doit prochainement préciser les coupes irano-compatibles.

"Les coupes proposées s'inspirent du teint des Iraniens, de leur culture, de leur religion ainsi que de la loi islamique", a détaillé Jaleh Khodayar, en charge du "festival de la Pudeur et du voile" organisé fin juillet. Les coupes validées par le gouvernement y seront présentées.

Le look de la jeunesse, une affaire d’Etat

Le régime iranien contrôle avec attention le comportement et le style des Iraniens dans l’espace public. Les coupes de cheveux des jeunes hommes ont déjà été l’objet d’une étroite surveillance : plusieurs barbiers ont ainsi dû fermer boutique ces dernières années ou ont été pénalisés pour avoir confectionné des "coupes décadentes de l'Ouest".

Au nom de la moralité, la police iranienne interpelle les hommes vêtus de jeans serrés, de jeans taille baisse ou ceux ayant adopté un look gothique. La pression sociale est encore plus forte pour les femmes, la police des mœurs veillant à ce que leur tenue ne montre pas trop de chevelure ou trop de peau.

16.500 arrestations ou sermons en une semaine

Selon la presse iranienne, la police aurait arrêté ou sermonné 16.000 femmes et 500 hommes au cours de la seule semaine dernière. Parmi les peines envisagées, le procureur de Téhéran a proposé d’exiler les femmes interpellées pour les envoyer vivre un certain temps dans les provinces éloignées du pays.