La NSA, puissance mondiale du renseignement

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La NSA, puissance mondiale du renseignement
@ Reuters
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ZOOM - Mur de Berlin, missiles de l'URSS, l'agence américaine savait avant tout le monde.

Si la puissance de la NSA - l'agence de sécurité américaine - était encore à prouver, les documents déclassifiés et rendus publics mercredi par l'Université George-Washington cloraient le débat. Mise à l'index dans le monde entier depuis les révélations de son ancien informaticien, Edward Snowden, la NSA est depuis des décennies les oreilles des Etats-Unis dans le monde entier. Les informations révélées par ces documents montrent la puissance de la NSA sur le sol américain, mais aussi dans le monde entier. La preuve par trois.

Des personnalités opposées à la guerre du Vietnam écoutées

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Martin Luther King surveillé de près. Mis en place par le président américain Lyndon Johnson en 1969, et maintenu par son successeur Richard Nixon jusqu'en 1973, le programme "Minaret" visait à surveiller les opposants américains à la guerre au Vietnam. Martin Luther King a notamment été l'une de ces cibles. La mise sur écoute du leader de la cause noire - et farouche opposant à l'intervention au Vietnam - a été validée par Robert Kennedy. La proximité de Luther King avec un proche du Parti communiste justifiait cette opération aux yeux du frère de JFK. On sait également que lorsque Martin Luther King a pris ses distances avec son "ami" communiste, les écoutes ont continué et se sont même renforcées dans le but de saper son influence dans la lutte des droits civiques, suppose le document.

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© MAXPPP

Mohamed Ali condamné pour son opposition. Cassius Clay, dit Mohamed Ali, doit sans doute sa mise sur écoute à sa prise de position tranchée sur l'intervention au Vietnam. "Je n'ai rien contre les Vietcongs", avait publiquement déclaré à l'époque le champion de boxe. Refusant de servir dans l'armée américaine au Vietnam, il s'était défendu en déclarant : "Je peux seulement m'engager dans les guerres déclarées par Allah lui-même". Aussi puncheur sur le ring que dans ses déclarations publiques, Ali ne laissait pas indifférent le pouvoir américain, qui voulait surveiller celui qui s'est engagé dans la Nation of Islam en 1966. Il a finalement écopé d'une peine de prison et d'une amende pour son refus de combattre, peine finalement annulée par la Cour suprême en 1971.

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© MAXPPP

Deux sénateurs dans le viseur. Deux influents sénateurs de l'époque ont également été surveillés dans le cadre du programme "Minaret", dévoilent les documents déclassifiés. Le démocrate Frank Church, pourtant allié du président Johnson, avait d'abord voté pour l'intervention au Vietnam avant de devenir "de plus en plus critique" sur la position américaine. Le républicain Howard Baker devait sa mise sur écoute à sa position très critique vis-à-vis du gouvernement Johnson. Bien que soutenant Richard Nixon par la suite, il était resté sous surveillance, s'étonne le magazine Foreign Policy. "Peut-être Nixon voulait savoir ce que Baker disait de lui", suggère le magazine. 

La NSA savait que le Mur de Berlin allait être construit

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© MAXPPP

En pleine guerre froide, la NSA intercepte un message d'une haute importance : l'Allemagne de l'Est a décidé de fermer les frontières au coeur de Berlin, une décision historique qui va conduire à l'érection du Mur de Berlin. Ce message intercepté le 9 août 1961 via le Parti communiste détaille les plans pour commencer à bloquer tout trafic piéton entre l'Est et l'Ouest de Berlin. Le Mur de Berlin a été détruit en 1989.

La NSA a court-circuité l'URSS à Cuba

Plusieurs semaines avant que la crise des missiles de Cuba n'éclate, la NSA avait connaissance de la mise en alerte rouge des forces militaires soviétiques, révèlent les documents déclassifiés mercredi. L'agence de sécurité américaine savait que les Soviétiques avaient déployé des missiles balistiques à capacité nucléaire sur l'île de Cuba avant les services de renseignements américains. Moscou, inquiet que les Etats-Unis découvrent son arsenal à Cuba, a mis fin à cette alerte rouge dix jours plus tard. Montées à leur paroxysme, les tensions entre les deux pays retombèrent quelques semaines plus tard pour laisser place à "la Détente", nouvelle étape de la Guerre froide qui vit notamment l'instauration du téléphone rouge entre le Kremlin et la Maison-Blanche.