La Mordovie, vous connaissez ?

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La Mordovie, vous connaissez ?
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ZOOM - C’est dans cette république russe que Gérard Depardieu pourrait s'installer.

>> L’ACTU. Gérard Depardieu s’est vu offrir un logement en Mordovie, l’une des vingt-et-une républiques de Russie, "cette grande démocratie", selon l'acteur, où il ne fait pas bon vivre, selon les défenseurs des droits de l'Homme.

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• Comme au Goulag. "La Mordovie, ses sapins et ses camps de prisonniers". S’il fallait faire la promotion de cette république du sud-ouest de la Russie, voici la description qu’on en donnerait, car cette région située à l’est de Moscou est moins connue pour ses attraits touristiques que pour sa vingtaine de camps de travail. Leur création remonte à l'époque stalinienne, quand ils faisaient partie du Goulag. "On y envoyait également les opposants de Brejnev", précise Galia Ackerman, écrivaine et traductrice notamment pour la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée en 2006. "Et il ne faut pas croire que ces camps sont comme nos prisons. Ils s'étendent sur des kilomètres et sont difficile d'accès, ce qui empêche les proches et les avocats de s'y rendre", ajoute, pour sa part, Anne Nerdrum, responsable Russie au sein de la section française d'Amnesty International.

• Dans l’enfer des Pussy Riot. C’est précisément dans un camp de Mordovie que l’une des deux jeunes femmes du groupe Pussy Riot, condamnées à deux ans de camp pour une prière anti-Poutine, purge aujourd’hui sa peine. Sa condamnation avait suscité un vif émoi en Russie, car les camps sont réputés pour être "un enfer sur terre". "Nadia Tolokonnikova est en route vers la Mordovie. Dans le camp de l'enfer", avait ainsi écrit sur Twitter le groupe d'art contestataire Voïna (la Guerre), dont est issue la jeune femme. "Ce sont les camps les plus cruels parmi toutes les options possibles", avait renchéri le groupe Pussy Riot sur Twitter.

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© Reuters

• Une république de Russie. La Mordovie est l’une des vingt-et-une républiques de Russie. Un statut généralement accordé aux territoires qui compte une minorité ethnique spécifique. Ce statut permet, officiellement, une certaine autonomie, comme la gestion de la politique intérieure par un Président et un Parlement propres au territoire. "Mais ce statut est une fiction", relativise Pierre Lorrain, écrivain et spécialiste de la Russie. "Ces républiques n'ont pas plus d'autonomie que les autres régions de Russie. Elles sont certes dirigées par un président qui n'est autre, en fait, qu'un super-préfet aux ordres du Kremlin", poursuit-il. Un point de vue que partage Anne Nerdrum, d'Amnesty International. "Cette région est une république autonome au même cas que la Tchétchénie, ce qui n'assure en rien la moindre autonomie".

Une république encore marquée par les années de communisme :

• Des Mokchanes et des Erzianes. Le territoire comptait, lors du dernier recensement fait en 2010, 834 755 habitants, dont 53,4% de Russe et 40% de Mokchanes et Erzianes, deux ethnies qui forment le peuple mordove. "Mais malheureusement, comme pour la plupart des minorités ethniques en Russie, et même dans le monde, ces peuples sont rongés par l’alcoolisme", observe Galia Ackerman, qui ajoute que la Mordovie "est une région sinistre, rien que par son passé historique".

Une presse muselée. Slon l'organisation reporter sans frontière, qui travaille en collaboration avec la Glasnost Defence Foundation, la Mordovie figure parmi les vingt-deux régions où la presse n'est "pas libre" - soit la pire catégorie dans le classement de l'association - sur la dernière carte de la liberté de la presse dans les provinces russes.