La Libye de l'après-Kadhafi

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La Libye de l'après-Kadhafi
L'objectif du CNT est d'instaurer des institutions démocratiques d'ici 2013@ REUTERS
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Après la mort de Kadhafi et la fin de la mission de l'Otan, la période s'annonce critique en Libye.

La mission aura duré sept mois. L'opération "Protecteur unifié" menée par l'Otan en Libye s'est officiellement achevée ce lundi après avoir mobilisé pendant sept mois jusqu'à 18 pays. L'opération avait été lancée le 31 mars en application de la résolution 173 du Conseil de sécurité de l'ONU.

Avions et hélicoptères de l'Otan ont mené plus de 26.000 sorties aériennes, dont plus de 9.650 dans un but "offensif", selon un bilan établi cette semaine par l'alliance militaire occidentale. Quelque 6.000 cibles ont été détruites ou fortement endommagées, dont 1.600 bases militaires, 1.300 dépôts de munitions et des centaines de véhicules, de radars ou de lance-roquettes, selon l'Otan.

Désormais, place à la Libye de l'après-Kadhafile pouvoir est déjà confronté à de nouveaux défis.

Le risque du chaos. Le cycle de violences tribales et de représailles est le principal obstacle auquel pourrait se retrouver confronté le pouvoir intérimaire assuré par le Conseil national de transition. De nombreuses armes ont été disséminées dans tout le pays. Utilisées lors des combats entre les forces rebelles et les pro-Kadhafi, elles sont désormais aux mains de la population notamment dans la capitale, Tripoli. D'aucuns doutent de la capacité des autorités au pouvoir à rétablir l'ordre.

"Il n'y a que des actes de vengeance personnelle. S'il n'y a ni stabilité ni sécurité, les gens vont se retourner contre le conseil.", explique ainsi Ali, un ancien soldat de l'armée de Kadhafi, âgé de 57 ans.

Plusieurs personnes auraient été abattues cette semaine par des unités d'autres tribus cherchant à se venger de pro-Kadhafistes présumés. Au sud-est de Tripoli, dans l'ex-bastion kadhafiste de Bani Walid, des membres de la puissante tribu des Warfalla ont dit s'organiser en mouvement insurrectionnel.         

Pour éviter tout risque de représailles voire de vengeance, les milices régionales doivent être désarmées. Certains observateurs prônent également la création d'une véritable armée nationale,  y compris avec des militaires de métier du régime déchu.   

Les querelles tribales.  Le pouvoir de Mouammar Kadhafi reposait sur des pouvoirs déconcentrés, disséminés aux pouvoirs locaux et aux tribus. L'ancien guide libyen avait coutume de jouer sur ces rivalités, note le Huffingtonpost. "Il versait des pots de vin au leaders tribaux pour s'assurer de leur loyauté", poursuit le site.

Avec son million de membres, la tribu Maqarha, pro-Kadhafi, est la troisième plus importante du pays. Elle est basée à l'ouest de la Libye.

Celle des Warfalla, la plus importante du pays et pilier de l'ancien régime, s'est déchirée pendant le conflit armé. Cette tribu vit à l'est de la Libye, notamment à Benghazi.

Enfin, il y à la tribu Kadhafa, celle du clan Kadhafi comme son nom l'indique. Elle se concentre notamment dans la région de Sabha au centre de la Libye.

Dans chaque ville libyenne, des personnalités locales ont acquis une légitimité militaire et un statut de chef de guerre. Tous réclament leur place au sein du futur pouvoir, notamment les tribus de Misrata et de Benghazi qui ont payé un lourd tribut ces derniers mois.

Le CNT est lui-même composé de "plus de deux douzaines de représentants de différentes factions libyennes", écrit Al Arabiya

Le spectre de l'islamisme.  Le chef du CNT, Moustapha Abdeljalil, l'a d'ores et déjà annoncé, la charia sera "la principale source" du droit en Libye. "En tant que nation musulmane, nous avons adopté la charia islamique comme source du droit", avait déclaré le président du Conseil National de Transition, lors de son discours de la "libération".

Sous le régime de Mouammar Kadhafi, la charia était déjà en place mais pas officiellement.

Mais avant cela, le pouvoir intérimaire doit se doter d'une nouvelle constitution et la soumettre au vote populaire par voie de référendum.

Des élections législatives puis présidentielles se tiendront trois mois plus tard, a affirmé l'ancien Premier ministre par intérim, Mahmoud Jibril, sur CNN.

"Il y aura des élections pour désigner le congrès national ":

L'objectif est d'instaurer de nouvelles institutions démocratiques à l'horizon 2013.