La leçon de vie des "survivants" de 1972

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La leçon de vie des "survivants" de 1972
@ MONTAGE REUTERS
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Rescapés du terrible crash dans les Andes, vont aller à la rencontre des mineurs chiliens.

En apprenant que 33 hommes étaient bloqués vivants pour plusieurs mois au fond d’une mine au Chili, José Luis Inciarte a immédiatement fait le rapprochement. Lui, le miraculé de "la tragédie des Andes", qui a survécu à 72 jours isolé dans la Cordillère des Andes après un crash. Inquiet à l’idée qu’ils pourraient se sentir abandonnés, il a alors décidé de se rendre au Chili, simplement pour soutenir les mineurs et leur famille.

72 jours pour survivre

Le 13 octobre 1972, le vol Uruguayan Air force flight 571 s’écrase sur un glacier dans les Andes, entre le Chili et l’Argentine. A son bord, se trouvent 45 personnes, des membres d’une équipe de rugby venue d’Uruguay. Dix jours plus tard, les survivants apprennent que les secours ont abandonné les recherches.

Le point de départ d’un combat contre la mort qui a duré 72 jours au total pour 16 miraculés qui devront se résoudre à manger les dépouilles de certaines victimes. Une aventure aux frontières de la raison qui a fait l'objet d'un livre et de plusieurs films.

"Il y a beaucoup de différences" entre les survivants du crash et les mineurs, a reconnu José Luis Inciarte, "mais il y a aussi des similitudes puisque les mineurs vont devoir s’acclimater à cette autre vie. A partir de maintenant, ils vont devoir lutter pour préserver le cadeau que la vie leur a fait", a-t-il expliqué.

"Ils vont revenir transformés"

"Avec tous les sacrifices qu’ils vont faire, ils vont revenir transformés. Parce même le plus agnostique qui est coincé là-dessous va ressortir, je le jure, en croyant que Dieu existe", a encore témoigné José Luis Inciarte, dans les colonnes du journal La Tercera.

"L’expérience que nous avons vécue nous a poussé vers des chemins qu’on n’aurait jamais imaginé pouvoir prendre", avait raconté un autre survivant, dans un documentaire sur le crash. "On commençait à développer une société dans laquelle l’argent n’était que du papier, l’eau il fallait la créer, le corps d’un homme pouvait devenir la nourriture dont j’avais besoin", avait-il témoigné.

Rencontrer les familles des mineurs sera pour les survivants du crash une manière de montrer que "les miracles existent", a simplement expliqué José Luis Inciarte, au journal chilien El Mercurio de Valparaiso. Ce sera aussi l’occasion de remercier le Chili et ses habitants, 38 ans après. Le premier homme qu’ils ont croisé était en effet un Chilien à cheval. C’est lui qui a réussi finalement à appeler les secours.