La justice s’intéresse à une possible fille illégitime de Juan Carlos

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La justice s’intéresse à une possible fille illégitime de Juan Carlos
@ AFP/DANIEL OCHOA DE OLZA
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UN POLICHINELLE DANS LE TIROIR - L’ex-roi d’Espagne est-il le père d’une Belge de 48 ans ? La justice espagnole va se pencher sur la question.

Juan Carlos d’Espagne a-t-il plus de trois enfants ? La justice espagnole va examiner une demande de reconnaissance de paternité concernant Juan Carlos, l’ex-roi d’Espagne, a-t-on appris mercredi. Cette première procédure concerne une femme belge, Ingrid Jeanne Sartiau, qui affirme être la fille de l’ex-souverain espagnol. Une autre demande, concernant Alberto Sola Jimenez, un Espagnol, a, elle, été rejetée.

Depuis plusieurs années, la Belge et l’Espagnol revendiquent être les enfants illégitimes de Juan Carlos. Mais tant qu’il était sur le trône, la Constitution espagnole protégeait le souverain de toute action en justice. Ce rempart a volé en éclats lorsqu’il a abdiqué au profit de son fils Felipe.

La procédure enclenchée n’implique pas nécessairement que l'ancien roi doive se soumettre à un test de paternité, précise El Pais. Ingrid Jeanne Sartiau a déjà demandé des analyses ADN, mais la justice n’a pas encore décidé si elle allait les autoriser.

Les privilèges royaux. Par le passé, un enfant illégitime a déjà été réintégré à la Couronne espagnole. Juan Carlos s’était ainsi découvert un nouvel oncle, Leandro Alfonso de Bourbon Ruiz, rapportait la BBC en 2003. Ce nouveau membre de la famille royale niait toutefois avoir déposé cette demande pour l’argent.

Si le Tribunal suprême espagnol reconnaît la demande d’Ingrid Jeanne Sartiau, cette dernière pourrait demander les privilèges qui correspondent à son rang. Pour autant, elle ne pourrait pas ravir la Couronne à son potentiel demi-frère. Certes, la Belge est plus âgée que Felipe VI, l’actuel roi d’Espagne, mais la Carte Magna, la constitution espagnole, stipule que le descendant mâle a la primauté sur ses sœurs aînées dans la succession à la Couronne. L’infante Cristina et l’infante Elena, elles aussi plus âgées que leur frère, ont d’ailleurs été écartées du trône.

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Le dossier Sola Jimenez écarté. La question aurait en revanche pu se poser pour Alberto Sola Jimenez, qui est plus âgé que Felipe VI de douze ans. Les juristes espagnols s’interrogent sur l’application des règles de succession aux enfants illégitimes. "Tout incertitude de fait ou de droit survenant dans l’ordre de succession de la Couronne seront résolus par une loi organique", prévoit la Constitution. Mais la demande de reconnaissance de paternité d’Alberto Sola Jimenez a finalement été rejetée par la justice.

Lui et Ingrid Jeanne Sartiau avaient décidé de lancer une procédure judiciaire après un test ADN, qui donnait leur patrimoine génétique similaire à 91%, faisant d’eux de probables frère et sœur. Mais la justice n’a retenu que le dossier d’Ingrid Jeanne Sartiau. Selon El Pais, les demandeurs doivent pouvoir prouver que leur mère a entretenu une relation sentimentale avec l’ex-roi d’Espagne. Alberto Sola Jimenez a été abandonné par sa mère à l’âge de trois mois.