La liste de réformes d'Athènes, un "bon point de départ" pour l'UE

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La liste de réformes d'Athènes, un "bon point de départ" pour l'UE
@ EMMANUEL DUNAND / AFP
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Le gouvernement grec a communiqué dans la nuit de lundi à mardi la liste de ses projets de réformes. Pour Bruxelles, c'est un "bon point de départ".

Bruxelles et Athènes commencent à s'entendre. Le gouvernement grec a fait parvenir mardi à ses partenaires européens un programme de réformes, condition à la poursuite de leur soutien financier, et accueillie avec bienveillance par l'Union Européenne. Cette liste, qui est parvenue "dans les temps" selon un tweet d'une porte-parole de la Commission européenne est "suffisamment complète pour constituer un point de départ valide" pour qu'Athènes et ses créanciers s'entendent sur la poursuite du financement au pays, a commenté mardi une source européenne. La Bourse grecque a bondi de plus de 7% après l'ouverture et les taux d'emprunt grecs se sont nettement détendus dans la matinée.

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Réunion des ministres des Finances de l'Eurogroupe mardi après-midi. Les deux autres institutions créancières de la Grèce, la BCE et le FMI, doivent également donner leur avis sur cette liste de réforme et "il doit être positif", a rappelé une autre source européenne. Si les trois institutions donnent leur aval, les 18 partenaires de la Grèce membres de la zone euro seront appelés à se prononcer sur cette liste de réformes. Une réunion au téléphone des ministres des Finances de l'Eurogroupe est prévue à cette fin mardi dans l'après-midi. Ces engagements conditionnent l'extension pour quatre mois du soutien financier des Européens et du FMI, qu'Athènes s'était résigné à demander la semaine dernière. Sans cela, le programme d'aide en cours expire samedi, et le pays risque l'asphyxie financière à moyen terme.

Que comprend la liste envoyée par Athènes ? Le gouvernement grec de gauche radicale a rendu publique mardi sa liste d'engagements transmise à Bruxelles. Elle prévoit notamment de "réviser" le programme des privatisations non encore engagées, sans revenir sur celles achevées. Dans ce document en quatre chapitres, la Grèce insiste à plusieurs reprises sur "la concertation avec les institutions" (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) dans l'élaboration détaillée de ses projets, ces mêmes institutions que le gouvernement d'Alexis Tsipras voulait chasser du pays après son élection.

Outre une volonté de compromis sur les thèmes du salaire minimum et des privatisations, le gouvernement grec souhaite restructurer son système fiscal en améliorant la collecte, très défaillante, des impôts et en ciblant les grosses fortunes. Ces engagements prévoient également de couper dans les dépenses non salariales des ministères pour faire des économies et d'inciter les salariés à travailler plus longtemps dans un pays où le recours à la retraite anticipée est très fréquent, pesant sur l'équilibre des caisses d'assurance sociale. Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis signe ces propositions de six pages qui sera passée au crible mardi après-midi, lors d'une conférence téléphonique par ses 18 homologues de la zone euro, afin de valider le prolongement de l'aide financière à la Grèce jusqu'à fin juin.

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