La Grande-Bretagne veut limiter son nombre de travailleurs étrangers

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La Grande-Bretagne veut limiter son nombre de travailleurs étrangers
L'accès à l'emploi sera facilité pour les britanniques par rapport aux étrangers.@ JUSTIN TALLIS / AFP
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Derrière cette idée, la secrétaire d'Etat à l'Intérieur Amber Rudd veut instaurer une préférence nationale pour les travailleurs britanniques.

Le Brexit est encore flou mais la nouvelle politique du gouvernement de Theresa May commence à donner des indices sur l'orientation qu'il pourrait prendre : une politique dure. A commencer par la polémique déclenchée suite aux propos de la secrétaire d'Etat à l'Intérieur sur l'immigration. Amber Rudd a en effet annoncé que les entreprises britanniques allaient devoir rendre publique la proportion d’étrangers parmi leurs salariés, ajoutant que l'embauche de travailleurs non-britanniques serait plus difficile.

Priorité aux Britanniques. Concrètement, la secrétaire d'Etat du parti conservateur souhaite que lors de la publication d'une offre d'emploi, priorité soit donnée aux postulants britanniques. Si le poste n'est toujours pas pourvu après 28 jours, alors seulement, les candidatures de travailleurs étrangers seraient examinées. Pour ces derniers, les visas de travail ne seraient accordés qu'après la vérification "que les gens viennent ici pour combler les lacunes du marché du travail, pas pour prendre des emplois que des Britanniques pourraient occuper". L'accès aux soins et aux logements sociaux serait également plus compliqué pour les étrangers.

Accusation de xénophobie. Outre-Manche, ces mesures font réagir. Pour le Times, lister les employés étrangers est un moyen de les stigmatiser et de "faire honte" aux entreprises n'employant pas assez de travailleurs locaux. Surtout, les accusations de "xénophobie" pleuvent sur le gouvernement. Pour Jeremy Corbyn, leader du parti travailliste, "les dirigeants du parti conservateur ont atteint un niveau de bassesse sans précédent en attisant les flammes de la xénophobie et de la haine".

"Je ne suis pas raciste". Accusée de faire le jeu du parti anti-immigration Ukip, Amber Rudd s'est défendue. "Nous devons avoir une discussion sur l’immigration et les compétences que nous voulons avoir au Royaume-Uni. Cela ne veut pas dire que je suis raciste", a-t-elle affirmé sur BBC4. L’immigration a "stimulé notre économie, notre société et notre culture", a reconnu la secrétaire d'Etat à l’Intérieur. C’est pourquoi je veux réduire les flux d’immigration tout en continuant d’être en mesure d’accueillir les plus brillants et les meilleurs".

Education, santé, logement. En plus de l'emploi, cette nouvelle politique de préférence nationale s'appliquerait aussi aux étudiants. Amber Rudd souhaite que le visa d'étude dépende de la réputation de l'université suivie. Autrement dit, restreindre l'accès aux plus prestigieuses institutions (Oxford, Cambridge). Les étudiants en médecine seraient les plus concernés. Le secrétaire d'Etat à la Santé Jeremy Hunt a appelé à faire cesser la "dépendance" du pays au médecins étrangers.