La fille de Kadhafi reprend le flambeau

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La fille de Kadhafi reprend le flambeau
Aïcha Kadhafi a notamment participé à la défense de Saddam Hussein.@ REUTERS
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PORTRAIT - Aïcha Kadhafi est considérée par certains comme l'héritière politique de son père.

Elle est surnommée la "Claudia Schiffer" du désert. Aïcha Kadhafi, 35 ans, arbore une chevelure blonde peroxydée et préfère les jeans moulants aux tenues traditionnelles libyennes. Mais elle est loin d'être une bimbo inoffensive : mercredi, elle a appelé, une nouvelle fois, à renverser le gouvernement intérimaire en Libye. "Vengez le sang de vos martyrs. Révoltez-vous contre le nouveau gouvernement", a-t-elle lancé dans un message audio depuis l'Algérie où elle s'était réfugiée fin août.

Aïcha Kadhafi est la seule fille de la fratrie Kadhafi, le dirigeant déchu puis tué le 20 octobre dernier. L'autre fille du "Guide", adoptée, a en effet été tuée en 1986. Aïcha Kadhafi a étudié le droit en France, à l'Université Paris VII. "J'ai étudié en France, je l'ai aimée plus que tout autre pays avec son odeur, sa lumière, ses avenues, son bon peuple. Et je n'imaginais pas que ce pays allait tuer mon frère et ma famille", a-t-elle confié début juillet dans un rare entretien à Sud Ouest.

Défense de Saddam Hussein

Auteur d'une thèse sur "Le tiers-monde face à la légalité des actes du Conseil de Sécurité", elle estime que le droit international "n'est que de l'encre sur du papier". Elle a fait partie du collectif d'avocats qui s'est chargé de la défense de Saddam Hussein. En 2008, elle a volé au secours de son frère Hannibal, détenu en Suisse pour avoir maltraité ses domestiques.

Aïcha Kadhafi, mariée à un cousin de son père depuis 2006, avait avant la chute du régime tous les atours de la respectabilité. Elle a dirigé la fondation Waatassimou, organisation caritative également chargée d'assoir l'influence de la Libye à l'étranger.

Ambassadrice de bonne volonté de l'ONU

Mais surtout, en 2004, elle a été nommée ambassadrice de bonne volonté des Nations unies. Son rôle : lutter contre les violences faites aux femmes et témoigner du combat contre le sida. Une fonction qu'elle se voit retirer début 2011, lorsqu'éclatent les violences en Libye. Pendant toute la durée de guerre, on l'a régulièrement entendue exhorter les Libyens à lutter contre les rebelles. Elle a même déposé une plainte à Paris, pour "crimes de guerre", classée sans suite.

Le New York Times, qui l'a rencontrée en avril, affirme qu'elle raconte à ses enfants des histoires sur la vie après la mort avant qu'ils n’aillent se coucher. "Pour qu'ils soient prêts. Car en temps de guerre, on ne sait jamais quand une roquette ou une bombe va vous frapper", expliquait-elle au quotidien américain.

Le pillage en août de sa villa de Tripoli révèle qu'à l'image du reste du clan, Aïcha Kadhafi vivait dans le luxe, note Slate Afrique. Les rebelles y ont découvert des statues en or, des piscines ainsi qu'un sauna. Avec les derniers survivants du clan Kadhafi, elle s'est réfugiée en Algérie, où elle a donné naissance à une fille. Là, l'ex-enfant chérie du régime s'est autorisée plusieurs charges violentes contre le nouveau régime de Tripoli, au risque de s'attirer les foudres de son pays d'accueil.