La fausse tentative d’assassinat de Nigel Farage

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La fausse tentative d’assassinat de Nigel Farage
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BOULONS ET BALIVERNES - Le leader du parti europhobe britannique Ukip prétend avoir été victime d’une tentative d’assassinat. C’est faux, affirme le quotidien Libération.

Dimanche dernier, le tabloïd britannique Mail On Sunday révélait une drôle d’affaire : le leader du parti europhobe, Nigel Farage, aurait été victime d’une tentative d’assassinat. Ratée, donc. Une histoire incroyable qui a fait les gros titres de la presse outre-Manche. Et pourtant…

L’accident. Tout a commencé avec le récit de l’accident. Nigel Farage a raconté au tabloïd sa mésaventure alors qu’il conduisait sa Volvo V70, sur les routes du Nord de la France : "au milieu de nulle part", l’une de ses roues s’est détachée. Un accident qui, pour la police française, selon les dires du politique britannique, a tout d’une tentative d’assassinat.

Les boulons de ladite roue auraient en effet été dévissés. "La police française a examiné la voiture et m’a dit que, parfois, les boulons d’une roue peuvent se desserrer un peu, mais pas sur les quatre roues", rapporte le leader de Ukip au Mail On Sunday.

Un constat effrayant, évidemment, pour Nigel Farage. Et qui, toujours selon son récit au tabloïd, est confirmé par les garagistes qui sont venus remorquer sa voiture. Ils étaient "absolument certains de la piste criminelle". Mais, bizarrement, Nigel Farage, décide d’en rester là et refuse de porter plainte. Il reprend sa voiture – avec la roue revissée – et poursuit sa route, rapporte le journal Libération, qui s’étonne de la réaction de l’eurodéputé britannique.

Les suspicions de Libération. Face à ce récit qui ne semble pas vraiment "tenir la route", selon le quotidien français, un journaliste de Libération décide de vérifier les propos rapportés par Nigel Farage. "Si rien ne permet d’affirmer que sa voiture n’a pas été sabotée, tous les témoignages qu’il cite pour étayer cette thèse sont fictifs", peut-on lire dans les colonnes du quotidien. "Le garagiste et les autorités françaises ont affirmé à Libération n’avoir jamais soupçonné de "piste criminelle"", ajoute-t-on.

On apprend donc qu’après l’accident, la police est bien intervenue pour faire remorquer la voiture du leader du Ukip, mais "la fiche d’intervention des CRS ne mentionne qu’un simple dépannage. Et donc pas le début d’une enquête de police". Le quotidien a ensuite contacté le procureur de Boulogne-sur-mer qui a confirmé que "si une tentative d’assassinat avait été soupçonnée, une procédure pénale aurait été engagée, avec ou sans plainte de l’intéressé". Ce qui n’est pas le cas.

Nigel Farage se dégonfle. Des révélations embarrassantes pour Nigel Farage, qui depuis la publication de l’enquête de Libération, semble faire marche arrière, allant jusqu’à nier avoir tenu les propos rapportés par Mail On Sunday. Le Britannique aurait simplement déclaré n’avoir "aucun désir de voir cette histoire sortir" dans les journaux, en ajoutant que "pour ma part, je considère que cette affaire est close".