La dernière chance pour Troy Davis

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La dernière chance pour Troy Davis
@ REUTERS
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Le condamné à mort doit être exécuté mercredi. Une ultime réunion va décider de son sort.

Son exécution par injection létale est programmée mercredi. Troy Davis, en prison depuis 20 ans, ne pourra échapper à la peine capitale que si le comité des grâces de Georgie, qui se réunit en ce moment, accepte de commuer sa peine en prison à vie.

En quelques années, Troy Davis est devenu le symbole international de la lutte contre la peine de mort. Agé de 42 ans, dont vingt passés dans le couloir de la mort en Georgie, Troy Davis est présenté par de nombreuses personnalités comme un cas emblématique. Condamné à mort pour meurtre en 1989, il continue de clamer son innocence.

Sept témoins sur neuf se sont rétractés

Le 19 août 1989, Mark MacPhail, un policier de 27 ans avait été abattu à bout portant dans une rue de Savannah, en Georgie, alors qu'il tentait de venir en aide à un SDF maltraité. Arrêté au lendemain des faits, Troy Davis a été condamné en 1991 lors d'un procès au cours duquel lequel il a toujours exprimé son innocence.

Au moment des faits, neuf témoins avaient désigné Troy Davis comme l'auteur du coup de feu mais l'arme du crime n'a jamais été retrouvée et aucune empreinte digitale ou ADN n'a été relevée. Depuis, sept témoins sont revenus sur leurs déclarations, dont certains ont désigné un autre tireur.

En 2008, l’exécution est suspendue deux heures avant l’horaire

A trois reprises déjà, Troy Davis a vu une date programmée pour son passage sur la chaise électrique. Différents recours lui ont ainsi en juillet 2007, septembre et octobre 2008 de retarder l’échéance. Cette dernière fois, il n’avait appris la suspension de son exécution que deux heures avant l’horaire prévu.

Pendant des années, les protestations de Troy Davis n'ont pas eu d'écho. Jusqu'à ce que sa soeur aînée Martina, qui s'est dévouée sans relâche pour défendre sa cause, ne s'émeuve de son cas auprès d'Amnesty International. L’organisation a alors médiatisé son cas, obtenant le so, et continue de militer pour obtenir sa grâce. Un cas de figure rare : depuis 1973, 138 condamnés à mort ont échappé à la peine capitale. Ce qui représente 2% de l’ensemble des condamnés à mort.

Une pétition de 663.000 signatures pour la grâce

Les nombreux soutiens de Troy Davis, parmi lesquels se trouvent notamment Jimmy Carter, le Pape Benoît XVI ou l'actrice Susan Sarandon, ont tout mis en œuvre pour faire pression sur le comité des grâces. Une pétition réunissant plus de 663.000 signatures réclamant la grâce de Davis lui a été remise la semaine dernière.

Pour Laura Moye, directrice de la campagne pour l'abolition de la peine de mort à Amnesty international, "il y a trop de doutes dans cette affaire". Avec cette interrogation en toile de fond : "est-on sûr que nous n'allons pas exécuter un innocent ?".