La démission de Tsipras "n'est pas digne d'un leader responsable"

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GRECE - Dimitris Kourkoulas, l’ancien secrétaire d'état grec aux Affaires européennes, juge sévèrement la démission d'Alexis Tsipras, ouvrant la voie à de nouvelles élections et un possible nouveau grand chambardement.

INTERVIEW

La stabilisation n'est pas pour tout de suite en Grèce. Avec la démission d'Alexis Tsipras jeudi s'ouvre un nouveau chapitre, plein d'incertitude tant sur la politique que sur l'économie d'un pays criblé de dettes.

"Pas digne d'un leader responsable". Et cette décision est loin de faire l'unanimité, dans la rue et parmi la classe politique. Cela "n'est pas digne d'un leader responsable", juge ainsi Dimitris Kourkoulas, ancien secrétaire d'état grec aux Affaires européennes, interrogé vendredi matin sur Europe 1.

"C'est du jamais-vu". "Alors qu'on attendait une croissance de presque 3% cette année, on est rentré de nouveau dans une récession. La gestion économique est catastrophique, et les élections ne vont pas aider", estime encore le socialiste. "Monsieur Tsipras a eu le consensus de la plus grande majorité des partis politiques au Parlement. Il n'avait aucune raison de s'adresser, pour la troisième fois en neuf mois, aux électeurs. C'est du jamais-vu".

"Mensonge, démagogie, populisme". Selon lui, la décision de s'en remettre à nouveau au peuple quelques mois seulement après avoir été élu n'est pas tant pour renforcer sa légitimité que régler quelques conflits au sein de son parti, Syriza. "Il s'agit d'un autre pas irresponsable, dont le seul but et de résoudre les problèmes internes de son parti. Mensonge, démagogie, populisme extravagant... Ce n'est pas seulement moi, mais aussi ses collègues au sein de son parti qui le dénoncent", critique encore Dimitris Kourkoulas.

"Comment le peuple grec va réagir ?" Ce dernier s'interroge d'autant plus que "personne n'a contesté le pouvoir à M. Tsipras". "Je rappelle que le programme qu'il a signé avec nos partenaires européens a été voté par une large majorité au Parlement", souligne l'ancien secrétaire d'État grec, remonté. Aujourd'hui, "rien ne peut plus nous surprendre. On a vécu six mois avec le gouvernement d'Alexis Tsipras et il a réussi à amener le pays presque en dehors de l'Union européenne et de la zone euro", raille-t-il encore. "Maintenant il faut voir comment le peuple grec va réagir. Je ne peux pas faire de prévision. La situation politique est vraiment très, très difficile à prévoir".