La débâcle des républicains
Rick Perry allie bon bilan économique au Texas et valeurs ultra-conservatrices. De quoi en faire un favori pour les républicains. © REUTERS

Le candidat Rick Perry a jeté l’éponge, alors que la campagne prend un tour de plus en plus violent.

Ils étaient huit sur la ligne de départ, ils ne sont aujourd’hui plus que quatre. Dans la course à l’investiture républicaine, un nouvel abandon a été annoncé jeudi : le candidat Rick Perry renonce à la Maison Blanche, apportant son soutien à Newt Gingrich, ancien président de la Chambre des représentants. Rick Perry, l’ultraconservateur gouverneur du Texas, a brièvement occupé la place de favori. Mais une gaffe monumentale en novembre a mis fin à sa popularité.

Lors d’un débat télévisé, il avait été victime d’un trou de mémoire et s’était avéré incapable de citer le nom de l’un des trois ministères qu’il souhaitait supprimer s’il était élu. La vidéo de ce moment de solitude avait fait le tour du web, mettant fin aux ambitions du candidat.

La gaffe de Rick Perry :


Primaire cruciale en Caroline du Sud

Après Jon Hunstman, Herman Cain et Michele Bachman, il est le quatrième en moins de deux mois à quitter une campagne qui se fait de plus en plus violente dans le camp républicain. Il y a quelques jours, en annonçant son retrait, le républicain modéré Jon Huntsman a appelé au rassemblement derrière Mitt Romney, tout en dénonçant l’ambiance de la campagne. "Le parti républicain est un parti d’idées, mais la forme nauséabonde que prend notre discours politique actuel n’aide pas notre cause", a-t-il tonné.

Samedi, une primaire cruciale se déroulera en Caroline du Sud et avant l’échéance, tous les coups sont permis, à coup de spots diffusés à la télévision. Le camp de Newt Gingrich a lancé une attaque musclée contre Mitt Romney, accusé d’être trop "modéré" pour pouvoir battre Barack Obama. Celui de Mitt Romney, toujours en tête dans les sondages, a déclenché la contre-offensive.

Un spot de Newt Gingrich s'en prend au programme économique de Mitt Romney :


Des casseroles des deux côtés

Un ancien sénateur ayant travaillé avec Newt Gingrich a ainsi assuré qu’il avait eu des propos "outranciers et destructeurs". Une autre élue a pour sa part estimé que l’ancien président de la Chambre des représentants "régnait en semant la zizanie" et "pourrait faire élire une nouvelle fois un président démocrate".

Pour ajouter encore à la confusion, c’est Rick Santorum qui a finalement remporté le caucus de l’Iowa, et non Mitt Romney, désigné vainqueur le soir du vote. 34 voix les séparent, un écart symbolique, mais qui risque d’affaiblir le favori.

Les casseroles s’accumulent des deux côtés. L’ex-femme de Newt Gingrich, chantre des valeurs familiales, a ainsi affirmé sur la chaîne ABC que celui-ci était un libertin et n’avait pas la carrure morale pour devenir président des Etats-Unis. Le très fortuné Mitt Romney est quant à lui embarrassé par sa feuille d’impôts, qu’il a fini par rendre publique. Sa fortune est estimée à quelque 250 millions de dollars, mais son taux d’imposition est inférieur à celui des classes moyennes. Et les candidats ont encore de longs mois de guerre devant eux, puisque l'investiture officielle n'est prévue que lors de la convention nationale du parti en Floride, du 27 au 30 août prochain.