La crise Iran-Arabie Saoudite est "d'une extrême gravité", selon Juppé

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Le candidat aux primaires de la droite et du centre s'est dit préoccupé par l'escalade des tensions entre les deux grandes puissance du Moyen-Orient.

INTERVIEW

"C'est une situation d’une extrême gravité", s'est inquiété mardi sur Europe 1 Alain Juppé, à propos de la crise diplomatique entre l'Iran et l'Arabie Saoudite.

Des partenaires dans le dossier syrien. "Ce sont les deux grandes puissances de la région", a-t-il ajouté. "Derrière cela, il y a l’enjeu d’une véritable guerre de religion entre chiites et sunnites. Nous avons besoin à la fois de l’Iran et de l’Arabie Saoudite, notamment pour avancer en Syrie". "J'espère que l'influence des grandes puissances, et notamment de la France, permettra la désescalade", a-t-il conclu.

L'Arabie saoudite et ses alliés sunnites ont rompu ou réduit mardi leurs relations diplomatiques avec l'Iran chiite, aggravant la crise déclenchée par l'exécution d'un dignitaire chiite et faisant redouter l'escalade dans une région déjà en proie à plusieurs guerres. La nouvelle crise a éclaté samedi, après l'exécution par Ryad du dignitaire chiite Nimr el-Nimr, critique du pouvoir saoudien, avec 46 autres personnes condamnées pour "terrorisme", dont la majorité pour des attentats attribués au réseau extrémiste sunnite Al-Qaïda.

Refus de réduire les exportations d'armes. Interrogé sur le ministre de l'Economie allemand, Sigmar Gabriel, qui a évoqué lundi une éventuelle restriction des livraisons d'armes de l'Allemagne à l'Arabie Saoudite, Alain Juppé a botté en touche. "J’observe que le ministre allemand a dit 'il faudrait'. C'est toujours pareil dans ce genre de dossier, il faut que quelqu'un montre l’exemple." Il n'a pas dit si, selon lui, la France devait elle aussi réduire ses exportations dans le secteur de l'armement à l'Arabie Saoudite pour faire pression sur elle et mettre fin à la crise. Le royaume saoudien est un client régulier et important des deux pays : l'Allemagne y a exporté pour plus de 200 millions d'euros et la France pour plusieurs milliards d'euros dans le secteur, en 2014.