La Crimée veut demander lundi son rattachement à la Russie

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La Crimée veut demander lundi son rattachement à la Russie
D'après un sondage réalisé à la sortie des urnes, les habitants de Crimée ont plébiscité le rattachement à la Russie.@ REUTERS
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RÉSUMÉ - Les habitants de Crimée ont voté à 95% pour le rattachement à la Russie, selon les premiers résultats officiels. Les pays occidentaux rejettent le référendum.

LES TROIS INFOS DE LA JOURNÉE

- Les habitants de Crimée ont voté massivement pour le rattachement à la Russie, selon les premiers résultats préliminaires officiels.

- L'Union européenne et les Etats-Unis rejettent le référendum.

- Vladimir Poutine a assuré à Barack Obama que le référendum était conforme au droit international.

#LES ÉVÉNEMENTS DE DIMANCHE

Le rattachement largement gagnant. Plus de 95% des votants de Crimée se sont prononcés pour le rattachement de la péninsule séparatiste avec la Russie, selon les premiers résultats préliminaires officiels, annoncés par le président de la commission électorale locale. Le décompte final ne sera connu que dans un ou deux jours. Le Premier ministre séparatiste, Serguiï Axionov, a d'ores et déjà salué une décision "historique", remercié les votants et annoncer que la péninsule ferait officiellement lundi sa demande de rattachement à la Fédération de Russie.

Sur la place Lénine, à Simféropol

© Jean-Sébastien Soldaïni/EUROPE 1

Scènes de liesse. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues des villes de la péninsule pour fêter cette victoire jouée d'avance. A Simféropol, la capitale de la Crimée, une journaliste allemande a ainsi vu des habitants célébrer l'annonce des premiers résultats, drapeaux russes à la main.



Réunie sur la place Lénine à Simféropol, la foule a chanté l'hymne russe. Serguiï Axionov, lui, a lancé : "nous rentrons à la maison !". Sur la place, l'envoyé spécial d'Europe 1 a pu prendre en photo des députés de Crimée, sur le perron du Conseil suprême, aux côtés de Berkouts et de cosaques acclamés par la foule. Sur la façade, une inscription au laser proclame le "Printemps criméen" :

A Simferopol, en Crimée

© Jean-Sébastien Soldaïni/EUROPE 1

Washington a aussitôt "rejeté" le référendum. Dans la foulée de l'annonce des premiers résultats, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils "rejetaient" le référendum et jugé le scrutin "contraire à la Constitution ukrainienne". "Les actes de la Russie sont dangereux et déstabilisants", selon le porte-parole de l'exécutif américain, Jay Carney. Un peu plus tard, Vladimir Poutine a assuré à Barack Obama que le référendum était "pleinement conforme". Les deux dirigeants ont convenu qu'il était "nécessaire de chercher ensemble des moyens de stabiliser la situation en Ukraine".

Des sanctions de l'UE lundi ? Dans la journée de dimanche, l'Union européenne avait déjà condamné officiellement ce référendum "illégal et illégitime", prévenant d'ores et déjà que "son résultat ne sera pas reconnu". Lundi, les ministres des Affaires étrangères de l'UE se prononceront sur de nouvelles sanctions.



Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, a lui aussi dénoncé un référendum illégal et contraire à la Constitution ukrainienne", et "d'autant plus qu'il s'est déroulé sous la menace des forces d'occupation russes".

"Bien sûr que j'ai voté pour la Russie". A Simféropol, l'envoyé spécial d'Europe 1 a interrogé des électeurs. Lioubova, 73 ans, est catégorique : "bien sûr que j'ai voté pour la Russie. Je suis née ici quand la Crimée était russe et je parle russe", dit cette femme qui a connu la Russie soviétique et affirme avoir "la nostalgie de ce grand pays". Bien plus jeune qu'elle, Viktor estime lui aussi que "cette terre appartient à la Russie".

Vote en Crimée

© REUTERS

Et ailleurs en Ukraine ? Hors de la Crimée, les tensions sont aussi vives. A Donetsk, ville russophone de l'est de l'Ukraine, des manifestants pro-russes ont ainsi pénétré dans les sièges du parquet et des services spéciaux, après une manifestation pour le rattachement à la Russie. 

Manifestation pro-russe à Donetsk

© REUTERS

En outre, les ministres russe et ukrainien de la Défense se sont mis d'accord pour une trêve temporaire. Jusqu'à vendredi, les soldats russes ne bloqueront plus l'accès aux bases militaires ukrainiennes en Crimée, le temps de "procéder à un réapprovisionnement de leurs réserves", précise le ministre ukrainien.

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