La Crimée, péninsule russophone sous tension

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La Crimée, péninsule russophone sous tension
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ZOOM - Cette région autonome du sud de l'Ukraine est en proie depuis longtemps à des tensions séparatistes.

L’INFO. En Ukraine, les tensions viennent désormais de l’Est. En Crimée, des heurts ont opposé mercredi des partisans des nouvelles autorités aux militants pro-russes. Jeudi matin, des hommes armés se sont emparés du Parlement et du gouvernement régional. Pendant ce temps, Moscou a ordonné une inspection surprise de ses troupes dans le centre et l’ouest de la Russie, tout près de la frontière, pour vérifier "l’aptitude des troupes à agir" en cas de crise.

La Crimée, c’est quoi ? La péninsule de Crimée, une péninsule russophone du sud de l’Ukraine, est en proie depuis longtemps à des tensions séparatistes. Intégrée à l’empire russe en 1783, elle a rejoint l’Ukraine soviétique en 1954, avant de devenir une république autonome au sein de l’Ukraine en 1992. Mais la péninsule continue d’héberger la flotte russe de la mer Noire, à Sébastopol. Une base stratégiquement importante pour Moscou, car elle offre à la Russie un point de sortie vers la mer Noire et, de là, vers la Méditerranée.



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Pro-russes contre Tatars. Peuplée majoritairement de russophones, la Crimée est donc l’une des régions d’Ukraine les plus susceptibles de s’opposer au nouveau pouvoir mis en place à Kiev après la destitution de Viktor Ianoukovitch. Mercredi, plus de 5.000 personnes se sont donc réunies devant le Parlement de Crimée, à Simferopol. D’un côté, des militants pro-russes, qui réclament un référendum sur le statut de la Crimée. De l’autre, des Tatars, une communauté musulmane déportée par Staline, bien décidés à défendre l’unité ukrainienne.

En marge du rassemblement, le corps d’un homme, visiblement mort d’une crise cardiaque, a été retrouvé à proximité. Il ne portait pas de traces de violences.

Une inspection surprise des troupes. La tension est encore montée d’un cran mercredi quand Moscou a annoncé l’inspection surprise de ses troupes près de l’Ukraine. L’objectif : vérifier la capacité de l’armée à agir en cas de menace pour la sécurité du pays. D’après Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, l’opération doit durer jusqu’au 3 mars et n’est "pas liée aux événements en Ukraine". D’autres inspections ont eu lieu depuis que Vladimir Poutine a fait son retour au Kremlin, en 2012. Moscou a aussi décidé de renforcer la protection de sa flotte en Crimée, annonçant "des mesures pour garantir la sécurité de nos installations, nos infrastructures et notre arsenal sur la mer Noire", sans plus de précisions.

Un navire russe en Crimée

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L’appel de John Kerry. Le nouveau pouvoir en place à Kiev n’a toujours pas été reconnu par la Russie. Dmitri Medvedev, le Premier ministre russe, a estimé lundi que les intérêts de la Russie et de ses ressortissants en Ukraine étaient menacés. Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie, a de son côté dénoncé "le développement des velléités nationalistes et néo-fascistes dans l’ouest" de l’Ukraine. Une intervention militaire russe en Ukraine serait un "scénario impossible" a de son côté assuré la présidente de la chambre haute du Parlement russe. Mais la situation inquiète suffisamment pour que John Kerry, le secrétaire d’État américain, presse la Russie de "tenir [sa] promesse" sur le respect de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. 

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