La Cedeao tance à son tour Gbagbo

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La Cedeao tance à son tour Gbagbo
Laurent Gbagbo essuye une pluie de critiques, la dernière venant de la Cedeao.@ REUTERS
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L'organisation régionale de l'Afrique de l'Ouest lui demande de "rendre le pouvoir sans délai".

Après l’ONU, l’Union Africaine et de nombreux pays, dont la France, c’est au tour de la Cedeao. La communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest a dénoncé mardi la décision du président ivoirien Laurent Gbagbo de s’accrocher au pouvoir, en refusant de reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara.

Le président nigerian Goodluck Jonathan a également annoncé que la Cedeao suspendait la Côte d'Ivoire, l'un de ses quinze membres.

Gbagbo invité “à rendre sans délai le pouvoir“

"Le sommet invite monsieur Laurent Gbagbo à respecter les résultats de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire tels que certifiés par l'Unoci (mission de l'Onu en Côte d'Ivoire) et à rendre sans délai le pouvoir, dans l'intérêt supérieur de la Côte d'Ivoire", détaille le communiqué de l’organisation régionale.

Et la Cedeao d’enfoncer le clou : "Nous croyons que le résultat publié par la Commission électorale (...) est le bon. (Alassane) Ouattara est celui que nous reconnaissons comme le président de Côte d'Ivoire".

La Côte d’Ivoire voit deux gouvernements se former

Le scrutin du 28 novembre était censé réunifier le pays après des années de division consécutive à la guerre civile de 2002-2003. Mais Laurent Gbagbo s'en est proclamé vainqueur et a prêté serment la semaine dernière après avoir obtenu l'appui de l'état-major alors que la Commission électorale indépendante ivoirienne avait reconnu la victoire de Ouattara.

Depuis, chacun a été investi et a commencé à former son gouvernement. Laurent Gbagbo a formé une équipe resserré autour de Gilbert Aka, un universitaire. Alassane Ouattara a, lui, nommé Guillaume Sorro Premier ministre.

Un risque croissant de dérapages

Depuis le 26 novembre, les affrontements avec les forces de sécurité et entre partisans des deux camps ont fait au moins 28 morts et 280 blessés, selon le Comité international de la Croix-Rouge, mais certains observateurs redoutent que le bilan ne soit deux fois plus élevé.

Le pays n’est pourtant pas dans une situation de guerre civile comme il l’a connue à partir de 2002. A Abidjan, la population vaquait mardi à ses occupations habituelles. "Nous sommes en crise depuis si longtemps, de sorte qu'il n'y a rien de neuf", expliquait un avocat, Herman Dirabou, en faisant la queue pour payer sa facture de téléphone.