La blogueuse Yoani Sanchez savoure son Cuba libre

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La blogueuse Yoani Sanchez savoure son Cuba libre
@ REUTERS
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La dissidente a obtenu l'autorisation de quitter son île, lundi, pour une tournée mondiale de trois mois.

"Vive la liberté" ! Son émotion est immense. Yoani Sanchez blogueuse dissidente cubaine vient, pour la première fois en huit ans, de poser les pieds sur un sol autre que celui de Cuba. C’est au Brésil que la jeune femme de 37 ans a fait  escale. La première d’une longue série puisqu’elle s’apprête à voyager dans une douzaine de pays différents dans les trois prochains mois, dont la Suisse où elle a vécu quelques années.

Le monde autrement qu’à travers le web

Lundi matin, Yaonis Sanchez a atterri à l’aéroport international de Recife, au Brésil, après avoir quitté celui de la Havane, comme le montre la photo ci-dessous. Dans un autre tweet posté sur son compte - suivi par plus de 400.000 personnes - la blogueuse se réjouit et s’étonne, dans son premier message envoyé depuis l’étranger,  de la rapidité de la connexion internet au Brésil.

"Cette tournée ouvre une nouvelle page de ma vie et, en tant que journaliste, ce sera aussi une expérience magnifique", a-t-elle dit à un journaliste avant de quitter La Havane. Outre le Brésil, la blogueuse pense aller notamment au Mexique, en Argentine, aux Etats-Unis, en République Tchèque, en Italie, en Espagne, en Pologne et aux Pays-Bas. L’occasion pour la blogueuse de découvrir le monde autrement qu’à travers le web.

Cinq ans de bataille administrative

Grâce à la nouvelle loi migratoire entrée en vigueur à la mi-janvier, Yoani Sanchez a pu retirer le 31 janvier dernier son passeport, sans lequel il lui était impossible de voyager à l'étranger. Les autorités communistes ont, en effet, supprimé le "permis de sortie" obligatoire jusqu'ici.

"Il aura fallu cinq ans de bagarre pour en finir avec cette absurdité", a-t-elle  commenté avant de monter dans l'avion à destination du Brésil via le Panama. Elle a été accompagnée jusqu'à son embarquement à l'aéroport de La Havane par sa mère, son fils et le journaliste dissident Reinaldo Escobar. 

"Apprendre tout ce que je peux"

 Yaoni Sanchez a annoncé qu'elle visiterait aux Etats-Unis "les locaux du géant Google et des réseaux sociaux Twitter et Facebook". "Je vais apprendre tout ce que je peux et je pense que je serais mieux formée après ce voyage", a estimé Yoani Sanchez, qui veut faire faire "un saut qualitatif" à son blog.

Sur son compte Twitter, la blogueuse a promis samedi à ses abonnés de les tenir informés sur son programme "intense" de visite et a remercié les pays qui lui ont rapidement délivré des visas. Elle a prévenu que le gouvernement ne devait pas espérer "même en rêve" qu'elle ne reviendrait pas à Cuba.

D’autres dissidents dans l’attente d’un passeport

Yaoni n’est pas la seule dissidente à avoir fait fasse aux réticences de l’administration cubaine pour quitter son pays. Depuis l'entrée en vigueur de la réforme de la loi migratoire, plusieurs opposants ont demandé un passeport, comme la dirigeante des Femmes en blanc Berta Soler, qui n'avait pas pu aller en 2005 à Strasbourg pour recevoir le Prix Sakharov de la liberté de penser du Parlement européen. Elle souhaite se rendre en Espagne et en Allemagne.

Vendredi dernier, Rosa Maria Paya, fille du dissident Oswaldo Paya, Prix Sakharov 2002 tué dans un accident de la route en juillet dernier dans l'est de Cuba, a pu se rendre en Espagne et devrait aller ensuite en Suisse.