L'ONU vote des sanctions contre Gbagbo

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L'ONU vote des sanctions contre Gbagbo
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La résolution 1975 impose "des sanctions ciblées" contre 5 individus, y compris Gbagbo et sa femme.

Alors que la journée a été marquée par de nouveaux affrontements en Côte d’Ivoire, le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni mercredi soir pour évoquer la situation dans le pays. Il a adopté à l'unanimité une résolution qui impose des sanctions au président ivoirien sortant Laurent Gbagbo et son entourage, et exige son départ.

La résolution 1975 impose "des sanctions ciblées" contre cinq individus, y compris Laurent Gbagbo et sa femme Simone: un gel des avoirs et une interdiction de voyager. Dans la résolution, le Conseil de sécurité apporte son "entier soutien" aux forces de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) pour utiliser "toutes les mesures nécessaires" pour assurer leur mandat qui est de protéger les civils et d'empêcher l'utilisation d'armes lourdes contre les population civiles.

Restrictions de déplacement, gels d'avoirs financiers

L'ONU considère que Laurent Gbagbo, président sortant, a été vaincu par Alassane Ouattara au second tour de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. Le projet français de résolution répète les précédents appels de l'ONU en faveur d'un retrait de Laurent Gbagbo, interdit l'utilisation d'armes lourdes et impose des restrictions de déplacement et des gels d'avoirs financiers au président ivoirien sortant et à ses proches.

La liste des personnalités concernées, ajoutée en annexe, comprend Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères, Simone Gbagbo, l'épouse de Laurent Gbagbo, Pascal Affi N'Guessan, président du parti politique du chef de l'Etat sortant, le Front populaire ivoirien, et Désiré Tagro, secrétaire général de la présidence.

Une voiture diplomatique française visée

Mais le projet défendu par la France a suscité une vive réaction de la part de pro-Gbagbo. Les forces spéciales soumises à l'autorité du président sortant "ont tiré en rafale sur une voiture d'escorte de l'ambassadeur de France" en Côte d'Ivoire, a dénoncé mercredi le ministère des Affaires étrangères, en qualifiant cet acte "d'inadmissible".

"Depuis plusieurs jours, les forces de Laurent Gbagbo s'en prennent aux diplomates étrangers à Abidjan. Cet après-midi, ses forces spéciales ont tiré en rafale sur une voiture d'escorte de l'ambassadeur de France", a déclaré dans un communiqué le porte-parole du ministère, Bernard Valero. "Nous condamnons ces actes avec la plus grande fermeté" et "en tiendrons Laurent Gbagbo comptable", a souligné Bernard Valero.

Selon des diplomates à New York, la Chine, la Russie, le Brésil et l'Inde s'opposaient mercredi à l'étendue des sanctions proposées dans le projet de résolution que la France et le Nigeria ont soumis au Conseil de sécurité. Fin janvier, Laurent Gbagbo avait mis fin à l'accréditation de l'ambassadeur français à Abidjan, Jean-Marc Simon, une décision rejetée par l'ex-puissance coloniale.

Pour Ouattara "l'heure n'est plus au dialogue"

Du côté de l’opposition, les forces d’Alassane Ouattara accentuent aussi la pression sur Laurent Gbagbo. Le président sortant n'a plus que quelques heures pour quitter le pouvoir de manière pacifique, a déclaré mercredi Guillaume Soro, chef du gouvernement formé par Alassane Ouattara. "L'heure n'est plus au dialogue ni au cessez-le-feu. (...) Il faut (que Laurent Gbagbo) parte du pouvoir. Il n'y a plus de porte possible à la négociation", a-t-il dit sur les ondes de RFI.

Les combattants, qui contrôlent le nord du pays et soutiennent Alassane Ouattara, ont lancé une très importante offensive en direction du Sud et se sont emparés mercredi de Yamoussoukro, la capitale administrative du pays, et de San Pedro, premier port d'exportation de cacao au monde. Guillaume Soro a affirmé que ces combattants, qui se sont déjà emparés de plusieurs autres villes, ne rencontraient aucune résistance mais uniquement des "ralliements". "Les FDS [fidèles à Gbagbo, ndlr] ne combattent pas vraiment", juge un diplomate africain à Abidjan. Des cas de désertions, de redditions ou de ralliements sont aussi rapportés.