L’ONU se penche sur le cas "Syrie"

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L’ONU se penche sur le cas "Syrie"
@ REUTERS
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Le Conseil de sécurité débat mercredi soir d’une résolution condamnant la répression en Syrie.

A l’initiative de la France et de la Grande-Bretagne, le Conseil de sécurité de l’ONU examine mercredi, à partir de 21 heures, heure française, un projet de résolution visant à condamner la répression en Syrie. Cette ébauche de résolution invite aussi la communauté internationale à cesser les livraisons d'armes à la Syrie sans toutefois imposer un embargo ni prévoir de sanctions.

Le texte, qui ne sera pas voté dans la foulée du débat, mais à une date ultérieure pas encore connue, réclamera également "au gouvernement syrien de répondre aux revendications légitimes des Syriens, de relâcher tous les prisonniers d'opinion, de lever les restrictions sur les médias et sur Internet", a précisé mercredi le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague.

"Inconcevable que les Nations unies restent silencieuses"

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a lui a évoqué devant le Parlement à Londres des informations "crédibles faisant état d'un millier de morts et de jusqu'à 10.000 personnes emprisonnées" depuis le début du mouvement de contestation du régime du président Bachar al-Assad à la mi-mars. "Si quelqu'un vote contre cette résolution ou tente d'y opposer son veto, il devra en référer à sa conscience", a-t-il prévenu, en direction de la Chine et de la Russie, dont la menace d’un veto pèsera sans doute sur les débats. Les deux pays ont fait savoir qu'ils n'étaient pas favorables à une implication du Conseil de sécurité.

Ce risque de veto, Paris et Londres sont prêts à le prendre. "La répression ne cesse de s'aggraver et les massacres d'augmenter. Pour nous il serait inconcevable que les Nations unies restent silencieuses face à une telle situation", a déclaré mardi à New York Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères.

Des réfugiés fuient les combats

Depuis le début du soulèvement, à la mi-mars, près de 1.100 civils sont tombés sous les balles des forces de l’ordre, qui n’hésitent pas à réprimer dans le sang les manifestations, selon des organisations non gouvernementales. L’attention se porte depuis quelques jours sur la ville de Djisr el Choghour, au Nord du pays. Selon les médias d’Etat, 120 soldats ont été tués par la rébellion armée. Le camp d’en face, soutenu par les associations humanitaires, assure en réponse que ces militaires ont été froidement exécutés pour avoir refusé de tirer sur la foule.

Et pour la première fois, des réfugiés fuyant les combats ont commencé à quitter le pays pour se réfugier dans la Turquie voisine. Donnant ainsi, comme le projet de résolution étudiée mercredi, à la crise syrienne une dimension internationale.