L’Italie aussi a ses "bonnets rouges"

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L’Italie aussi a ses "bonnets rouges"
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ZOOM - Les "forconi" italiens, un mouvement hétéroclite, ont manifesté mercredi à Rome. Qui sont-ils ?

L’INFO. Eux ne portent pas de bonnets rouges : ce sont des fourches qu’ils brandissent. En Italie, les "forconi" ("fourches") occupent depuis quelques semaines le devant de la scène médiatique. Ce mouvement hétéroclite a manifesté mercredi à Rome pour réclamer, entre autres, la fin de l’austérité et le départ du gouvernement d’Enrico Letta.

Créé par des agriculteurs siciliens. Cela fait une dizaine de jours que les "forconi" font parler d’eux. Mais le mouvement est plus ancien. Il a été créé en Sicile, en 2012, par des agriculteurs et des camionneurs qui voulaient faire baisser les taxes sur le carburant, explique Le Monde. Le 9 décembre, les "forconi" ont refait surface, rejoints par d’autres catégories de la population : étudiants, artisans, commerçants ou encore petits entrepreneurs. Dans un contexte économique difficile, ils protestent contre la politique d’austérité et pour une baisse de la fiscalité.

La frontière avec la France bloquée. Lundi dernier, une centaine de manifestations étaient organisées, mais c’est à Turin, dans le nord du pays, que les "forconi" ont le plus fait parler d’eux. Ils ont d’abord bloqué pendant une heure les gares principales de la ville, avant de s’en prendre au siège d’Equitalia, l’organisme chargé de recouvrer l’impôt en Italie.

Trois jours plus tard, les manifestants ont bloqué la frontière entre l’Italie et la France à Vintimille. Un cortège hétéroclite aux revendications diverses, avec des jeunes protestant contre le délabrement des écoles, des commerçants opposés à une pression fiscale trop élevée et des travailleurs frontaliers furieux contre le non-renouvellement d’un bonus fiscal.

Mercredi, ils étaient entre 2 et 3.000 sur la Piazza del Popolo, au cœur de Rome, à manifester aux cris de "allez bosser", à l’adresse de la classe politique.

Un mouvement divisé. A l’origine, quelque 15.000 manifestants étaient attendus dans la capitale. Mais une partie du mouvement, qui compte trois ou quatre dirigeants auto-proclamés, s’est dissociée de la manifestation et a refusé de se rendre à Rome. La raison ? Ils craignent des infiltrations et des provocations. Des militants du mouvement d’extrême-droite CasaPound se sont notamment joints aux "forconi", en criant ce slogan : "la lutte est dure mais nous n’avons pas peur".

beppe grillo, italie

© REUTERS

Grillo et Berlusconi en embuscade. Les "forconi" peuvent en tout cas compter sur le soutien de Beppe Grillo, l’ex-humoriste, chef de file du Mouvement 5 Étoiles qui a fait son entrée au Parlement italien en février dernier. Sur son blog, il a appelé les policiers italiens à rejoindre le mouvement. "Lors des prochaines manifestations, dites à vos hommes de retirer leur casque et de fraterniser avec les citoyens", écrit-il, ajoutant que "ce sera un signal extrême, révolutionnaire et pacifique" et que "l’Italie changera". Beppe Grillo n’est pas le seul à faire de l’œil aux "forconi". Silvio Berlusconi, fraîchement déchu de son mandat de sénateur, a assuré que pour lui, la révolte des "fourches" était le symptôme grave d’une "crise qui a des raisons profondes".

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