L'Iran renforce à nouveau son contrôle sur le web

  • A
  • A
L'Iran renforce à nouveau son contrôle sur le web
Partagez sur :

Le régime de Téhéran a publié jeudi une longue liste de "délits internet", passibles de plusieurs années de prison.

Depuis, la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad en juin dernier, c’est sur internet que l’opposition iranienne tente de se faire entendre. Après avoir bridé l'accès à internet pour limiter l'organisation des manifestations, le régime iranien a annoncé jeudi qu’il allait encore renforcer son contrôle sur le net.

Dans sa ligne de mire,les "cyber-opposants". Comme Mehdi Saharkhiz et son site Onlymehdi, Ils racontent et publient des vidéos, contournant ainsi l’interdiction faite aux médias étrangers de couvrir directement les manifestations antigouvernementales.

En juillet 2008, le parlement iranien votait une loi contre "les délits internet. Jeudi, Téhéran a précisé des détails en publiant une longue liste de "délits". Dressée par "un comité d'experts", la liste interdit tout site ayant des contenus "contraires à la morale sociale, "contraires aux valeurs religieuses", "contraires à la sécurité et la paix sociale", "hostiles aux responsables et aux organes gouvernementaux", ou encore "permettant de commettre un délit" en contournant les interdictions ou les systèmes de filtrage.

Selon la loi, les contrevenants risquent plusieurs années de prison, ou même la peine de mort pour les créateurs de sites faisant la "promotion de la corruption, de la prostitution et de l’apostasie".

Le web est le théâtre symbolique d'une passe d'armes entamée dans les rues entre supporters et opposants du régime. Mi décembre, une mystérieuse "cyber-armée iranienne" avait attaqué Twitter. Lorsqu'ils tentaient de se connecter sur le site de micro-blogging, les internautes étaient redirigés vers un autre site Web. Un message en farsi y annonçait : "Au nom de Dieu, ceci est la réaction d'un Iranien aux ingérences, ordonnées par les autorités américaines, commises par Twitter dans mon pays".

Début décembre, c’est le site de Mahmoud Ahmadinejad qui était victime d’une attaque. En se connectant sur ahmadinejad.ir, on lisait : "Cher Dieu. En 2009 vous avez pris mon chanteur favori, Michael Jackson, mon actrice favorite, Farrah Fawcette, mon acteur favori, Patrick Swayze, ma voix favorite, Neda. S’il vous plait, s’il vous plait, n’oubliez pas mon politicien favori, Ahmadinejad, et mon dictateur favori Khamenei en 2010. Merci". Depuis, le site du président iranien n’est plus accessible.

> Twitter : cyber-arme de l'opposition en Iran

> Rencontre : ces Iraniens d’Europe qui refusent Ahmadinejad