L’inscription "Arbeit macht frei" volée à Auschwitz

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L’inscription "Arbeit macht frei" volée à Auschwitz
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Le panneau en fer forgé, placé au-dessus de la porte d'entrée de l'ancien camp d'extermination nazi, a été dérobé vendredi.

L’inscription en allemand "Arbeit macht frei" (Le travail rend libre), figurant au-dessus de la porte d'entrée du camp d'Auschwitz a été volée vendredi matin, soulevant une vive émotion. Cette inscription en acier tristement célèbre a été fabriquée en juillet 1940 par un prisonnier polonais, le forgeron Jan Liwacz, sur l'ordre des responsables du camp.

Le site d'Auschwitz-Birkenau est fermé la nuit et gardé par des vigiles. La police est en train d'analyser les images des nombreuses caméras de surveillance installées sur le site pour comprendre ce qui a pu se passer. C’est la première fois qu’un tel vol intervient à Auschwitz. Le panneau en fer forgé, de 5 mètres de long, n'était pas difficile à décrocher, "mais il fallait le savoir", a indiqué le porte-parole du musée.

La police polonaise a lancé une enquête. Plusieurs dizaines de policiers, accompagnés de chiens, étaient sur les lieux vendredi et des barrages routiers ont été mis en place. La piste privilégiée est celle d’un vol sur commande d'un collectionneur privé ou d'un groupe de gens.

Le musée d'Auschwitz a, quant à lui, promis vendredi soir 100.000 zlotys, soit environ 25.000 euros, pour toute information pouvant contribuer à retrouver l'inscription. Il a par ailleurs pris la décision de placer au-dessus de la porte d'entrée du camp une copie du panneau métallique de cinq mètres de long.

Plusieurs personnalités politiques ont réagi à ce vol. "C'est impensable !", s'est exclamé le chef historique du syndicat Solidarité et ancien président, Lech Walesa. "Mais je n'y verrais pas un acte idéologique. C'est une affaire criminelle. Impossible de le comprendre autrement", a ajouté le prix Nobel de la Paix.

Ce vol est "une grande peine et un choc pour tous les survivants et les descendants des survivants", a déclaré le vice-président du Conseil central des Juifs d'Allemagne, Dieter Graumann. En enlevant ce "symbole de l'histoire, les auteurs ont voulu détruire l'histoire et ont fait un acte de perversité pour faire revivre le nazisme", a déclaré, de son côté, le président de l'Union des déportés d'Auschwitz (UDA), Raphaël Esrail, rappelant que ce vol intervient quelques semaines avant le 65ème anniversaire de la libération du camp, le 27 janvier 1945, par l'Armée Rouge.

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