L’étonnante première interview des Pussy Riot libérées

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L’étonnante première interview des Pussy Riot libérées
Les deux jeunes militantes n'ont pas caché leur étonnement lors de l'interview qu'elles ont donné.
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Interrogée par une journaliste russe, elles ont eu la surprise de répondre à des questions sur “la marque Pussy Riot” et d’être comparées aux Destiny’s Child.

Voilà une interview dont Nadya Tolokonnikova et Masha Alyokhina, les deux Pussy Riot fraîchement libérées, devraient se souvenir. Elles ont été interrogée par Ksenia Sobchak, la Paris Hilton de l’Est reconvertie dans le journalisme.

Cette dernière, qui se trouve également être la fille du mentor de Vladimir Poutine, a questionné les opposantes politiques au président russe pendant une heure, enchaînant des questions surprenantes rapporte Buzzfeed.

La marque Pussy Riot. Dès le début de l’interview, la journaliste met les Pussy Riot dans le bain. “Vous venez de sortir de prison riches et célèbres, donc voilà ma question : combien vaut la marque Pussy Riot ?”, leur lance-t-elle. Etonnées, les jeunes filles ne savent pas quoi répondre. Nadya Tolokonnikova prend seulement la parole en expliquant qu’elle ne comprend pas la question.

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Ksenia Sobchak, de son côté, ne se démonte pas et ajoute en faisant référence à Mikhail Kalashnikov, l’inventeur du fusil décédé en début de semaine : “on peut dire fièrement que les Pussy Riot est une marque russe mondialement connue”.

Des Beatles aux Destiny’s Child. A l’aise dans les comparaisons, la journaliste poursuit son interview comparant sans sourciller le duo à celui formé par les Beatles John Lennon et Paul McCartney. La réaction d’étonnement est toujours la même pour les Pussy Riot qui opposent aux questions de Ksenia Sobchak un air amusé et gêné.

Tentant de savoir si Nadya Tolokonnikova désirerait poursuivre sa lutte politique en solo, la journaliste russe enchaîne les métaphores musicales. Cette fois-ci, elle fait appel à une référence plus moderne. “Personne ne se souvient des Destiny’s Child, mais tout le monde connaît Beyonce”, lui lance-t-elle. Chose à laquelle la militante lui répond : “je n’aime pas les mots vides”.

Parlons sexisme. Pas démontée, Ksenia Sobchak poursuit son interview et aborde la question du traitement médiatique de leurs démêlés judiciaire. S’étonnant que l’on ait beaucoup parlé de Nadya, la journaliste pose la question de savoir si cela pouvait être lié au fait qu’elle était “mignonne avec de belles lèvres”. “Ils choisissent les plus mignonne, ajoute-t-elle. Est-ce que c’est juste ?”.

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Cette fois-ci, les jeunes militantes ne se laissent pas faire. Masha Alyokhina mène la charge : “poser des questions provocantes et n’est pas éthique du tout de votre part. Quand j’étais en prison à Berezniki, je ne pensais pas aux canons de beauté”.

Assez symboliquement, compte tenu de la teneur de l’interview, la journaliste finit par aborder l’une des questions les plus importantes selon elle. “Je ne peux pas poser la question la plus important : qu’est-ce que vous faites avec vos sourcils ?”, demande-t-elle. Les Pussy Riot lèvent les yeux au ciel. Après une année de lutte politique passées dans les geôles sibériennes, elles ne devaient sûrement pas s’attendre à cela.

Vidéo de l’interview en russe, les réactions des militantes aux questions de la journaliste sont éloquentes.