L'élection de Pena Nieto contestée

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L'élection de Pena Nieto contestée
La victoire d'Enrique Pena Nieto à la présidentielle mexicaine a été annoncée, mais elle est déjà contestée@ REUTERS
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Le candidat de la gauche mexicaine demande de recompter tous les bulletins de vote.

"L'élection a été trop sale." Ce jugement sans appel est celui d'Andres Manuel Lopez Obrador, candidat malheureux à l'élection présidentielle mexicaine. Le candidat de gauche a estimé lundi que le résultat de l'élection présidentielle mexicaine, émis par les autorités électorales et ayant donné dimanche la victoire au candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), Enrique Peña Nieto, était "frauduleux".

Son camp a même officiellement demandé à recompter la totalité des bulletins de vote en raison d'"incohérences" dans le scrutin. "Nous présentons une demande formelle de la coalition (de gauche) pour un nouveau décompte des 143.000 postes de vote installés pour l'élection présidentielle", a indiqué mardi le coordinateur de la campagne de la gauche, Ricardo Monreal, en présence de Manuel Lopez Obrador.

Une victoire saluée à l'étranger

Lundi soir, le comptage préliminaire du scrutin portant sur 97,23% des votes enregistrés par l'Institut fédéral électoral (IFE) donnait 38,1% des voix à Peña Nieto, contre 31,7% à Lopez Obrador et 25,4% à Josefina Vazquez Mota, du Parti action nationale (PAN, conservateur) du président sortant Felipe Calderon. Ce dernier a d'ailleurs reconnu dès dimanche soir la victoire de Peña Nieto. Cette victoire a également été saluée par plusieurs gouvernements de la région et d'Europe, dont la France. Le président américain Barack Obama a, pour sa part, appelé Peña Nieto par téléphone pour féliciter "le président élu du Mexique".

Mais Andres Manuel Lopez Obrador n'était pas du même avis. Avec des dirigeants des trois partis de gauche composant sa coalition électorale, il avait déjà laissé entendre qu'il allait déposer des recours contre le scrutin en raison de supposés achats massifs de votes et le manque d'équité des moyens de communication dans le courant de la campagne électorale.

Lopez Obrador déjà battu en 2006

En 2006, Lopez Obrador avait perdu l'élection présidentielle face à Calderon par une marge de 0,56%. Il avait alors lancé des manifestations massives qui avaient paralysé le centre de Mexico pendant plusieurs semaines. Ce politologue de 58 ans ne menace toutefois pas de réitérer ce mouvement. "Nous allons attendre, accepter la légalité, la transparence", avait-il assuré.

Plusieurs milliers de jeunes mexicains avaient par ailleurs manifesté lundi dans un quartier chic de la capitale pour exprimer leur rejet de l'élection d'Enrique Peña Nieto marquée selon eux par la "fraude". "Ici on voit, ici on voit que Peña Nieto président ne sera pas!" avaient scandé ces jeunes, mobilisés par le mouvement #YoSoy132, né dans des universités de Mexico au mois de mai contre la candidat du Parti révolutionnaires institutionnel, déjà favori à l'époque dans les sondages.

Pas de "retour au passé" promet Peña Nieto

Enrique Peña Nieto avait promis pour sa part qu'il n'y aurait pas de "retour au passé" pour le PRI qui a régné sans partage entre 1929 et 2000, sous le signe de l'autoritarisme. "Il n'y a pas de retour au passé. Le PRI qui arrive au gouvernement a montré ses convictions démocratiques. Le plus grand défi du PRI est de démontrer son efficacité en donnant les résultats que la société exige", avait-t-il assuré lors d'un entretien lundi avec les agences de presse internationales.