L'Arctic Sea : une affaire au parfum de polar

  • A
  • A
L'Arctic Sea : une affaire au parfum de polar
Partagez sur :

Une rançon d'1,5 million de dollars aurait été réclamée. Les observateurs jugent la situation aberrante en raison de la faiblesse du montant.

La disparition du cargo Arctic Sea avec son équipage russe, repéré au large du Cap-Vert et pour lequel une rançon a été demandée en Finlande, suscite une mobilisation internationale qui donne à l'affaire un parfum d'énigme digne du roman d'espionnage. L'Autorité finlandaise de sécurité nucléaire (Stuk) a même dû démentir dimanche une rumeur selon laquelle un chargement "secret" de matière radioactive serait à bord.

Deux semaines après le dernier contact officiel avec le bateau, parti de Finlande le 23 juillet à destination de l'Algérie, une vingtaine de pays sont impliqués dans l'enquête en cours à Helsinki. La marine russe est aux trousses du navire avec l'appui de l'Otan.

Moscou et l'Alliance atlantique coordonnent leurs efforts. "Toutes les informations, qui sont complètes et très vraisemblablement objectives, sont instantanément envoyées au quartier général de la marine russe" depuis le siège de l'Otan à Bruxelles, a affirmé l'ambassadeur russe auprès de l'Alliance, Dmitri Rogozine.

A Helsinki, le Bureau national d'enquêtes de la police finlandaise, qui a révélé la demande de rançon transmise à l'armateur finlandais de l'Arctic Sea, "coordonne et centralise les investigations" et tient "en permanence informés plus de vingt pays", selon l'un de ses responsables, Jan Nyholm. D'après le Financial Times Deutschland, le montant de la rançon demandée à Solchart serait de 1,5 million de dollars.

Vendredi soir, le navire a été repéré à l'ouest des côtes africaines au large de l'archipel du Cap-Vert, selon des sources militaires occidentales et au sein des garde-côtes à Praia. Mais dimanche sa localisation exacte restait floue. Moscou refuse de confirmer cette localisation, mais un porte-parole du service français d'information des armées a indiqué samedi qu'une frégate russe faisait route dans l'Atlantique, "vers le sud, probablement pour aller à (sa) rencontre".

L'Arctic Sea a quitté la Finlande avec un chargement de bois d'une valeur d'un peu plus d'un million d'euros. Il n'a plus donné officiellement de ses nouvelles depuis le 31 juillet. Il passait au large d'Ouessant (ouest de la France). Les experts ont échafaudé toutes sortes d'hypothèses autour de sa disparition : nouvelle forme de piraterie, règlement de comptes mafieux, trafic de drogue, différend commercial qui aurait mal tourné.

Le cargo a été attaqué à deux reprises : en mer Baltique la nuit de son départ, selon la police suédoise, et "au large du Portugal", selon la Commission européenne qui ne donne pas de date.