L’Allemagne solidaire de la Grèce ?

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L’Allemagne solidaire de la Grèce ?
@ REUTERS
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Berlin est sous la pression de son opinion publique à l’approche des élections du 9 mai.

Et si la Grèce sortait de la zone euro ? C’est la solution proposée outre-Rhin par certains politiciens pour se protéger de la crise grecque. Hans-Peter Friedrich, un des hauts responsables de la CSU, frange bavaroise du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel (CDU) estime que ce sujet "ne doit pas être un tabou" et qu’Athènes devrait l’envisager sérieusement. Angela Merkel va presque aussi loin, en proposant une réforme des traités européens pour qu’un pays puisse être expulsé de la zone euro.

Jusqu'au dernier moment, les responsables allemands ont freiné des quatre fers pour aider la Grèce. Jeudi encore, la veille de la demande d’Athènes, le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, déclarait qu'il ne pensait pas qu'Athènes aurait besoin d'aide financière avant mi-mai. Mais pourquoi mi-mai ? Un timing qui arrange les affaires d’Angela Merkel.

Merkel gagne du temps

La Grèce doit honorer une dette de près de 9 milliards d'euros avant l’échéance fatidique du 19 mai. Or le 9 mai, les conservateurs d’Angela Merkel et leurs alliés libéraux (FDP) tenteront de conserver le contrôle de l'Etat régional le plus peuplé du pays, la Rhénanie du nord-Westphalie. En cas de défaite lors de ces élections, Angela Merkel perdrait la majorité au Bundesrat, chambre haute du parlement qui représente les Etats, et devrait composer avec l'opposition sociale-démocrate (SPD) pour faire passer ses lois.

L'opinion publique allemande est majoritairement hostile à un sauvetage d'Athènes. L'Allemagne, première économie européenne, sera le plus gros contributeur au plan d'aide. Et les Allemands ne veulent pas payer pour ce qu’ils considèrent comme le laxisme des Grecs, d’autant que d’autres pays pourraient faire appel à la solidarité de la zone.

En annonçant un sommet européen "autour du 10 mai", Herman Van Rompuy semble avoir pris en compte l’agenda d’Angela Merkel. Les chefs d'Etat et de gouvernement se réuniront donc au lendemain des élections allemandes mais perdent du temps alors que l’échéance du 19 mai avance à grand pas et que la crise grecque menace de contaminer d’autres pays.