Kenya : la présidentielle reportée à samedi dans quatre comtés après des violences meurtrières

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Kenya : la présidentielle reportée à samedi dans quatre comtés après des violences meurtrières
Des opposants ont bloqué l'accès à des bureaux de vote au Kenya.@ YASUYOSHI CHIBA / AFP
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Au moins trois personnes sont mortes dans des violences en marge de l'élection présidentielle au Kenya, poussant au report du scrutin dans quatre comtés.

L'élection présidentielle est reportée à samedi dans quatre comtés de l'ouest du Kenya, touchés jeudi par de violents affrontements entre partisans de l'opposition et la police, a annoncé le président de la Commission électorale (IEBC). "Dans les zones touchées (par les violences), qui incluent les comtés suivants : Homa Bay, Kisumu, Migori et Siaya (...), la commission a reporté les élections au samedi 28 octobre", a annoncé Wafula Chebukati, lors d'une conférence de presse. 

Des bureaux de vote bloqués par l'opposition. Ces quatre comtés, dans un pays qui en compte 47, sont des bastions de l'opposition majoritairement peuplés par l'ethnie luo - celle du leader de l'opposition Raila Odinga qui boycotte le scrutin - et sont tous situés sur le pourtour du lac Victoria. Dans ces régions, certains opposants ont bloqué l'accès aux bureaux de vote, dont la plupart étaient tout simplement fermés, le matériel électoral n'ayant pu être acheminé et les agents électoraux craignant pour leur sécurité. De violents heurts les ont opposés à la police, qui a fait usage de gaz lacrymogène et parfois tiré à balle réelle pour disperser ces groupes.

Au moins trois morts. Au moins trois hommes ont été tués par balle en marge de l'élection, dont deux à Kisumu et Homa Bay, selon des sources policière et hospitalière. "Nous avons fait face et continuons à faire face à des défis très largement liés à la sécurité dans certaines zones électorales", a constaté Wafula Chebukati, conscient que les mêmes difficultés risquent de se répéter samedi. Le scrutin de jeudi était organisé après l'annulation le 1er septembre par la Cour suprême de l'élection du 8 août, à l'issue de laquelle le président sortant Uhuru Kenyatta avait été proclamé vainqueur avec 54,27% des voix, contre 44,74% à Raila Odinga.