Karachi : Takieddine révèle son "rôle"

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Karachi : Takieddine révèle son "rôle"
@ REUTERS
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L'homme d'affaires niait jusqu'alors tout rôle dans la signature du contrat Agosta avec le Pakistan.

Rétropédalage de Ziad Takieddine. Au coeur du dossier Karachi, l'homme d'affaire revendique désormais avoir "joué un rôle de facilitateur dans la conclusion" du contrat Agostrat. Un contrat de vente de sous-marins au Pakistan conclut en 1994.

Toutefois, Ziad Takieddine nie toute implication dans le financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur. Les juges d'instruction travaillent en effet sur l'hypothèse de commissions versées en marge de contrats d'armement, qui auraient donné lieu à des rétrocommissions pour financer la campagne de l'ex-Premier ministre en 1995.

"J'ai joué un rôle"

Ziad Takieddine et son associé de l'époque Abdul-Rahman El Assir sont accusés par plusieurs témoins d'avoir été imposés à la dernière minute dans les pourparlers des contrats Agosta avec le Pakistan, et Sawari II avec l'Arabie Saoudite. Jusqu'à présent, les deux hommes d'affaire avaient reconnu avoir joué un rôle dans la signature des contrats Sawari II, mais avaient toujours nié un quelconque rôle dans Agosta, un contrat de 820 millions d'euros.

Aujourd'hui, Ziad Takieddine reconnait. "Avec le Pakistan, j'ai joué un rôle pour introduire El Assir auprès des autorités françaises". "Travailler avec l'Arabie saoudite a pris tout mon temps." Pour le Pakistan, "mon intervention a été faite à 80% en France, comme facilitateur" de contacts, notamment entre Abdul-Rahman El Assir et Renaud Donnedieu de Vabres, également mis en examen et ex-conseiller spécial à la Défense du ministre François Léotard.

"Je veux un non-lieu définitif"

En revanche, Ziad Takieddine récuse tout financement politique avec de l'argent liquide ramené de Suisse. "On n'avait aucun intérêt à faire financer la campagne de Balladur." De son côté, Abdul-Rahman El Assir devrait être interrogé par le juge Renaud Van Ryumbeke. Ziad Takieddine souhaite une audition commune.

Comme deux autres mis en examen, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, Ziad Takieddine a formulé une requête en nullité de l'enquête sur laquelle tranchera lundi la cour d'appel de Paris. "Je ne cherche pas une annulation, je veux un non-lieu définitif", a-t-il affirmé.