Kadyrov assomme de coups son ministre

  • A
  • A
Kadyrov assomme de coups son ministre
@ Capture NTV
Partagez sur :

VIDEO - Le président tchétchène a convoqué un de ses ministres sur le ring pour le punir de ses erreurs.

L'INFO. En Tchétchénie, l'erreur se paye cash… même au sommet de l'Etat. Le président de cette république caucasienne, Ramzan Kadyrov s'est vanté mardi d'avoir convoqué son ministre des Sports et de la Culture physique sur un ring de box dans une salle bien proprette. La raison ? Il aurait "failli" à sa mission en raison d'un bâtiment mal entretenu.

Une opération de communication. Ramzan Kadyrov a annoncé cette séance de combat sur le site Instagram. Des photos ont été postées de la scène dans ce qui s'apparente à une véritable opération de communication de l'homme fort de Tchétchénie, connu pour ses accointances avec Moscou. "Avec un crochet du gauche et du droit, je lui ai expliqué" qu'il devait "faire marcher (sa) tête", a-t-il écrit. La scène a également été filmée par la télévision russe NTV. On peut y voir Ramzan Kadyrov sur le ring avec le ministre en question, Salambek Ismaïlov, en train de mollement se défendre avec ses poings face au président qui, lui, se défoule allègrement.



Grâce à la boxe, Kadyrov donne une leçon à son...par Gentside
kadyrov 930-1300

© Capture Instagram

Mais ce "match" politique en deux rounds ne s'est pas déroulé dans l'impunité totale car un arbitre a arbitré les débats, a précisé NTV. Sous les coups répétés de son chef, le ministre a toutefois été autorisé à mettre un casque "parce qu'il devait aller au travail le lendemain", a raconté le dictateur tchétchène. Tous les ingrédients étaient réunis. Un public avait été convié. Le ministre russe du Travail et de la Protection sociale, Maxime Topiline a assisté au combat, un large sourire aux lèvres.

Mais pourquoi en venir aux mains ? Ramzan Kadyrov, connu pour les exactions de ses milices, conçoit la politique comme les droits de l'homme. Il est "efficace de punir de cette façon les manquements de responsables officiels", su justifie le président tchétchène sur Instagram. Le dictateur fait même "une faveur à Salambek Ismaïlov", le punching-ball désigné. "Je pense qu'il est mieux pour lui de se débarrasser face à moi sur le ring de son énergie négative plutôt que de reporter sa mauvaise humeur sur les membres de sa famille chez lui", lance Ramzan Kadyrov, sourire béat et œil du tigre.

Une com'  grâce au foot. Le président aime ce genre d'opération "coup de poing" toujours sous l’œil des médias qu'il convoque généralement à deux heures du matin pour des conférences de presse. En mars 2011, Ramzan Kadyrov s'était déjà donné en spectacle lors d'un match de football entre une sélection de Tchétchénie et une "seleçao" brésilienne. Les stars, Dunga, Roberto Carlos, Romario, Bebeto, Dunga, Raï avaient fait le déplacement pour l'occasion. La président Kadyrov avait renforcé son équipe en faisant jouer des vétérans du Terek Grozny et des gloires du football allemand : Lothar Matthaüs, ballon d'Or 1990, et Oliver Kahn (86 sélections) dans les cages. Sous les yeux ébahis de 10.000 spectateurs du stade de Grozny, la sélection du Caucause n'avait perdu que 6 à 4.

En 2011, le président tchétchène avait mis la pâtée (5 à 2) à la formation internationale rassemblant Diego Maradona, Fabien Barthez, Jean-Pierre Papin, Franco Bareso ou Alain Boghossian. Ce match de gala à la gloire du président-milicien avait suscité la polémique. Certains étaient partis avec des sommes allant de 20.000 à 50.000 euros. Maradona avait empoché un million et l'adjoint du sélectionneur de l'équipe de France, Alain Boghossian avait reçu une jolie montre en cadeau.