"Kadhafi veut diviser l'opposition"

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"Kadhafi veut diviser l'opposition"
Le numéro un libyen chercherait juste à confondre la communauté internationale en proposant des négociations
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Dominique Moïsi, conseiller spécial à l'Ifri, analyse la proposition de négociations de Kadhafi.

Le dirigeant libyen aurait proposé de négocier son départ, affirment les rebelles, qui ont rejeté dans la foulée l'offre du colonel Kadhafi. Cette proposition est analysée mardi sur Europe 1 par Dominique Moïsi, conseiller spécial de Institut français des relations internationales (Ifri).

Est-ce le début de la fin pour Kadhafi ? L'expert de l'Ifri estime que le dirigeant libyen souhaite "juste gagner du temps" et ne veut pas négocier sa démission. "Je crois que c'est une manoeuvre dilatoire de Kadhafi pour troubler les esprits au moment où il a repris l'offensive au contraire sur le plan militaire", commente le spécialiste. Le numéro un libyen cherche juste à diviser l'opposition et confondre la communauté internationale, selon lui. En bref, gagner du temps, alors que plusieurs états envisagent l'éventualité d'opérations militaires.

Un dirigeant isolé. Il faut comprendre la manoeuvre de Kadhafi par rapport à l'opinion internationale, souligne Dominique Moïsi. "Il sent bien qu'il est de plus en plus isolé, et en particulier auprès du monde arabe, où même les monarches du Golfe se sont ralliées à un isolement croissant de Kadhafi".

Une intervention internationale ? "C'est très difficile et ce n'est pas vraiment souhaitable" pour l'expert de l'Ifri car il s'agit pour les autres pays de ne pas décrédibiliser les révolutionnaires démocratiques en intervenant directement. La situation en Libye est très différente de ce qui s'est produit en Egypte et en Tunisie, rappelle-t-il. Il n'y a pas en Libye d'armée prête à intervenir, mais seulement "un leader prêt à utiliser la force de la manière la plus brutale contre son peuple".

Où pourrait fuir Kadhafi ? Le dirigeant libyen ne pense pas à fuir mais voit seulement "sa mort, sa disparition en Libye", juge-t-il. "c'est sans doute ce qui se produira, mais la chute du régime n'est pas un événement, elle est un processus" .