Kadhafi a (encore) quelques alliés

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Kadhafi a (encore) quelques alliés
Hugo Chavez et Robert Mugabe font partie des quelques irréductibles@ Reuters
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Le président vénézuélien Hugo Chavez et le zimbabwéen Robert Mugabe soutiennent encore le dictateur.

Mouammar Kadhafi n’a pas que des ennemis. Bien au contraire. Alors que la communauté internationale condamne les violences commises par les forces pro-Kadhafi, le dictateur peut encore compter sur le soutien de vieux amis.

Au premier rang figure le président vénézuélien Hugo Chavez. Principal allié latino-américain de Tripoli, Hugo Chavez a reçu en 2004 le prix Kadhafi des droits de l’homme, rappelle le Washington Post.

Il y a quelques jours, le chef d’Etat sud américain est sorti de son silence pour apporter son soutien au gouvernement libyen alors même que l’on comptait déjà plusieurs centaines de victimes dans les combats.

"Moi, je ne peux pas dire que j'appuie, je soutiens et j'applaudis toute décision quelle qu'elle soit que prend un ami quel qu'il soit où que ce soit dans le monde", a précisé Hugo Chavez au cours d'un conseil de ministres transmis par la chaîne de télévision d'Etat VTV. "Mais oui, nous appuyons le gouvernement de Libye, l'indépendance de la Libye. Nous voulons la paix pour la Libye et nous devons nous opposer radicalement aux volontés d'intervention", a-t-il ajouté.

Sur le réseau social Twitter, le leader venézuélien avait même lancé le 25 février "Vive la Libye et son indépendance! Kadhafi est confronté à une guerre civile".

Pour enfoncer le clou, Hugo Chavez a accusé le 3 mars la communauté internationale et plus particulièrement les Etats-Unis de lorgner sur l’or noir de Kadhafi. "Les Etats-Unis se sont déjà dits disposés à envahir la Libye. Et presque tous les pays d'Europe" ont condamné la Libye. "Que veulent-ils? Le pétrole libyen".

Chavez et Kadhafi unis contre l'impérialisme américain

Pour éviter un tel scénario, le chef de l'Etat vénézuélien a proposé de créer une mission internationale de paix. Formée par plusieurs pays amis, elle ferait office de médiateur entre le dirigeant libyen et les insurgés. Cette proposition, applaudie par Mouammar Kadahafi, a été rejetée par l’opposition libyenne.

Point commun entre les deux leaders ? L’impérialisme américain. "Nous sommes unis dans un même destin, dans la même bataille contre un ennemi commun", avait martelé le président sud-américain lors d’une visite de Kadhafi en 2009.

Autre Prix Kadhafi des droits de l’homme, Fidel Castro a également dénoncé une "campagne de mensonges" sur la Libye, rappelle The Washington Post. "Pour moi, il est évident que le gouvernement des Etats-Unis ne se soucie absolument pas de la paix en Libye, et qu’il n’hésitera pas à donner l’ordre à l’OTAN d’envahir ce riche pays, peut-être dans quelques heures ou dans quelques jours", a écrit l’ancien dirigeant dans la presse cubaine. Tout comme son camarade Chavez, il accuse les Etats-Unis de vouloir faire main basse sur le pétrole libyen et rien d’autre.

Autre ami de toujours, le président zimbabwéen Robert Mugabe. Selon le Sunday Times, le chef d’Etat africain aurait affrété un charter fin février pour convoyer des troupes en Libye. Il s’agirait de militaires retirés de la 5ème brigade, une unité spéciale de l’armée, responsable du massacre de plus de 20.000 groupes ethniques minoritaires dans les provinces du Matabeleland et des Midlands.

La famille Kadhafi a de nombreux intérêts au Zimbabwe. En 2002, Grace Mugabe, l’épouse du président aurait même vendu "graceland" au colonel, un palace de vingt-cinq chambres dans une banlieue chic de Harare.

Vers un exil au Zimbawe ?

Le Zimbabwe pourrait devenir la terre d’asile de Mouammar Kadhafi. "L’avion personnel de Kadhafi est chargé de lingots d’or et d’argent liquide, essentiellement des dollars, et se prépare à fuir au Zimbabwe pour rejoindre son ami Robert Mugabe. Nous pensons que cela pourrait intervenir très rapidement car le conseil de sécurité de l’ONU menace d’imposer une zone d’exclusion aérienne et que Kadhafi essayera de s’échapper avant que le décision ne soit prise", explique au site The Zimbabwe Telegraph un activiste politique libyen installé à Londres, Guma el-Gamaty.

D'autres dictateurs comme Mengistu Haile Mariam, l’ancien homme fort d’Ethiopie condamné à la peine capitale dans son pays pour avoir tué des centaines de personnes, vit actuellement en pacha au Zimbabwe.