Jusqu'au bout, Kadhafi "n'a pas eu peur"

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Jusqu'au bout, Kadhafi "n'a pas eu peur"
Le chauffeur de Kadhafi raconte les derniers instants du "Guide" libyen.@ Maxppp
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Le chauffeur du leader libyen raconte les derniers instants du "Guide", il y a une semaine.

Il est l'un des derniers survivants de la garde rapprochée du leader déchu. Huneish Nasr a passé trente ans au service de Kadhafi, en tant que chauffeur. Il a raconté mercredi au journal britannique The Guardian les cinq derniers jours du siège de Syrte, durant lesquels il était avec le dirigeant déchu.

Juste avant que les rebelles ne trouvent Kadhafi, Huneish Nasr se souvient que "tout était en train d'exploser". "Les révolutionnaires arrivaient pour nous chercher. [Kadhafi] n'avait pas peur, mais il semblait ne pas savoir quoi faire. Je ne l'avais jamais vu comme ça", raconte le chauffeur, aujourd'hui détenu à Misrata.

"Il était bizarre"

Il dit avoir alors levé les mains en signe de reddition lorsque les rebelles sont arrivés. Sa dernière image de Kadhafi ? Quand les rebelles l'ont sorti de la bouche d'égout où il avait trouvé refuge et se sont massés autour de lui. Après cela, les coups se sont mis à pleuvoir sur les deux hommes.

Depuis sa cellule improvisée dans un baraquement militaire, Huneish Nasr explique que pendant les jours précédant sa capture et sa mort, son ex-patron semblait ne pas saisir ce qui se passait autour de lui. "Il était bizarre", affirme-t-il. "Il était toujours immobile et regardait vers l'ouest. Je ne voyais aucune peur en lui".

Loyal jusqu'au bout

Âgé d'une soixantaine d'années, Huneish Nasr doit son poste à son appartenance à la même tribu que Kadhafi, comme un grand nombre des membres de la cour du dictateur. Et il tient à défendre son ancien patron envers et contre tous. "J'ai été à son service pendant trente ans et je jure devant Dieu que je n'ai jamais vu le moindre comportement mauvais en lui. C'était juste le patron. Il me traitait bien", assure-t-il.

S'il certifie n'avoir "jamais rien eu contre les révolutionnaires", Huneish Nasr a cependant décidé de rester aux côtés du dictateur jusqu'à la fin, même si les autorités lui avaient dit de cesser le travail dès le mois de mars. Son explication est simple : "je les croyais quand ils disaient se battre contre les méchants".