Journalistes tués au Mali : un règlement de comptes ?

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Journalistes tués au Mali : un règlement de comptes ?
Au moins 35 personnes ont été interpellées au Mali en 48 heures.@ REUTERS
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L'assassinat pourrait être lié à un conflit entre Aqmi et Ansar Dine concernant la rançon pour les ex-otages d'Arlit.

L’INFO. En deux jours, au moins 35 personnes ont été interpellées. Après l’assassinat samedi des deux journalistes français de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon dans le nord du Mali, l’enquête progresse. Trois des personnes arrêtées sont liées à l’un des terroristes les plus recherchés de la zone, selon les informations de Dorothée Thiénot, correspondante d’Europe 1 au Mali.

Le véhicule abandonné, clé de l'enquête. L’un des éléments essentiels de l’enquête, c’est la voiture dans laquelle les deux journalistes de RFI ont été embarqués samedi avant d’être tués. Le véhicule, fermé à clé, a été laissé à l’abandon, à 12 kilomètres de la ville de Kidal. Il semblerait que les ravisseurs aient eu un problème technique de direction, qui les a poussés à quitter le véhicule et à exécuter dans la précipitation les deux Français. C'est l'analyse du disque dur d'un ordinateur laissé dans la voiture qui a permis aux enquêteurs d'identifier les personnes liées au crime. L'identité des assassins est donc connue, mais ils n'ont pas encore été retrouvés.

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© CC


Un conflit lié à une rançon ? Quant au motif de l’assassinat des deux journalistes, la possibilité d’un règlement de comptes entre les groupes djihadistes Ansar Dine et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) est évoquée. Il pourrait s’agir d’une revanche liée au versement d’une rançon pour la libération des quatre ex-otages d’Arlit, les deux groupes terroristes ne s'étant pas mis d'accord sur le partage. Entre Aqmi et Ansar Dine, la frontière est plutôt poreuse, mais contrairement à Aqmi, Ansar Dine est un mouvement malien et touareg.

Abdelkrim Targui dans le viseur. Abdelkrim Targui est l’un des commanditaires de l’enlèvement en novembre 2011 de Philippe Verdon, retrouvé mort en juillet 2013, et Serge Lazarevic, qui aurait été croisé dans le Sahel par l’ex-otage Thierry Dol. Les personnes interpellées dans le cadre de l’enquête sur la mort de Ghislaine Dupont et Claude Verlon ne sont pas forcément liées à l'enlèvement de 2011, mais elles opéraient en tout cas sous les ordres d’Abdelkrim Targui.