JO : Russie, la drôle d’aventure olympique

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JO : Russie, la drôle d’aventure olympique
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JEUX A LA RUSSE (I) - De l’Empire russe à l’URSS en passant par la CEI : la Russie aux Jeux, c’est une histoire singulière, écrite en pointillés.

Ce jour-là, le 27 juin 1900, Yulian Michaux, escrimeur russe, participe à la finale des épreuves olympiques. Il finira à la cinquième place. Pas grave : il paraît que l’important, c’est de participer. Cela tombe plutôt bien pour l’Empire russe, qui repart bredouille de ses premiers Jeux olympiques, les deuxièmes de l’époque moderne après ceux d’Athènes en 1896. En 1900, c’est à Paris que ça se passe, les visiteurs en profitent pour découvrir une Tour Eiffel flambant neuve, inaugurée pour l’Exposition universelle. Et à cette époque, l’Empire russe, ancêtre de l’actuelle Russie, ça ressemble à ça :

carte de l'empire russe

© Aivazovsky/DR

Mais l’Empire russe ne participera aux Jeux que deux autres fois. Devenu soviétique, le pays refuse en 1920 de participer à des Jeux "petits-bourgeois".

L’URSS revient à l’olympisme en 1952, à Helsinki. A l’époque, attention, pas question de se mélanger : le village olympique est scindé en deux, avec d’un côté les nations occidentales et de l’autre, le bloc soviétique. Vous le savez sans doute : pendant cette période trouble, la Guerre Froide se joue aussi sur les terrains de sport. Les athlètes soviétiques ont plutôt intérêt à se surpasser et à revenir à Moscou avec des breloques.

carte URSS

© Ssolbergj/DR

L’URSS s’impose alors comme une grande nation sportive et la consécration arrive bientôt : le 23 octobre 1974, la ville de Moscou est préférée à Los Angeles pour l’organisation des JO de 1980. La fête se fera sans les États-Unis, fumasses après l’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique l’année précédente. Mais avec Misha, le petit ours qui fait office de mascotte !

JO Moscou 1980, e1default

Rancunière, l’URSS boycotte à son tour les Jeux de Los Angeles en 1984. Elle y revient à Séoul, en 1988.

Quand le bloc soviétique s’effondre, la Russie ne renonce pas aux Jeux pour autant. En 1992, elle arrive à Barcelone sous une nouvelle bannière, une de plus, celle de la Communauté des États indépendants (CEI), qui rassemble les anciennes républiques soviétiques, sans les pays baltes. Figurez-vous que ça marche : cette année-là, les athlètes de l’"équipe unifiée" raflent la mise. Avec 112 médailles, dont 45 d’or, l’équipe chipe même la première place du classement aux États-Unis. 

L’"équipe unifiée" ne dure que le temps des JO de Barcelone, puis la Russie concourt à nouveau en solo à partir des Jeux suivants, ceux de Lillehammer, en 1994. Depuis cette date, la Russie qui participe aux JO est celle que l’on connaît aujourd’hui, également appelée Fédération de Russie. Le succès est toujours au rendez-vous et les athlètes russes continuent à rafler des médailles.

Carte Russie

© Ssolbergj/DR

Jusqu’à une nouvelle consécration en juillet 2007, quand Vladimir Poutine obtient d’organiser les JO d’hiver 2014 à Sotchi. Pour la deuxième fois de son histoire, la Russie accueille le monde olympique, et cette fois, il y aura tout le monde.

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