J.K. Rowling, "magique" même sans Harry ?

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J.K. Rowling, "magique" même sans Harry ?
"Une place à prendre" de J.K. Rowling sort vendredi en version française.@ REUTERS
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Le premier roman pour adultes de la Britannique sort jeudi. Et quelques révélations ont fuité.

Depuis 15 ans, son nom est associé à Harry Potter : en signant les aventures, en 7 tomes, du jeune sorcier à lunettes, J.K. Rowling a acquis une notoriété planétaire… et une immense fortune.

Cinq ans après Harry Potter et les Reliques de la Mort, le dernier tome de l'une des sagas les plus célèbres de la littérature jeunesse, J.K. Rowling, 47 ans, revient avec un roman "pour adultes" : "The Casual Vacancy" ("Une place à prendre").

L'opus, qui sort jeudi en Grande-Bretagne et vendredi dans sa version française chez Grasset, est déjà assuré d'être un succès commercial - un million d'exemplaires auraient déjà été pré-commandés -  mais va-t-il vous charmer ?

Si, comme au summum de la "Pottermania", les détails ont filtré au compte-gouttes, Europe1.fr fait l'inventaire de ce qu'il faut savoir sur Une place à prendre.

• Tout a commencé comme Harry Potter... Pas de ballets volants dans Une place à prendre. Contrairement aux aventures du jeune Harry, le roman n'appartient pas au genre de la littérature fantastique. Et si le nom de la charmante petite ville de Pagford, où débute l'intrigue, est imaginaire, le ton de la fiction se veut avant tout réaliste.

Vraiment rien à voir avec Harry Potter alors ? Non, si ce n'est la manière dont a germé l'idée du roman : la saga du jeune sorcier était venue à J.K. Rowling alors qu'elle voyageait en train… cette fois, l'auteur à succès était en avion quand elle a pensé à cette histoire d'"élection locale". "De toute évidence, il faut que je sois dans un moyen de transport pour avoir une idée qui tienne la route", s'amuse-t-elle d'ailleurs dans le Guardian.

"La classe moyenne est tellement drôle"

• Drogue, prostitution et familles monoparentales. L'intrigue se situe dans l'Angleterre contemporaine "familière de Jay-Z et de la pornographie en ligne", relève The New Yorker. Le point de départ du roman, dans le sud-ouest de l'Angleterre, est la mort d'un conseiller municipal très engagé dans la défense des jeunes en difficulté. Les habitants commencent alors leurs manigances pour lui trouver un remplaçant, d'où le titre du livre Une place à prendre. Climat british donc, de la première à la 512ème et dernière page. Et "comme dans tant de romans britanniques, il est inévitablement question de classe dans Une place à prendre", relève The Guardian. "Notre société est extraordinairement snob, c'est une mine pour l'écriture. La classe moyenne est tellement drôle", a expliqué J.K. Rowling.

Dans ce roman, on croise donc quelques notables locaux mais aussi une certaine Terri, une prostituée junkie luttant pour conserver la garde de son petit garçon. Le tout donne des thèmes diamétralement opposés à ceux de l'univers du jeune sorcier : dépendance à l'héroïne, prostitution, familles monoparentales et encore désir sexuel adolescent. Y aurait-il du Ken Loach chez J.K. Rowling ?

• J.K. Rowling a puisé dans sa propre vie. L'imagination débordante de la romancière est notoirement connue mais pour ce roman Joanne Rowling a aussi puisé dans sa propre expérience. Avant le premier Harry Potter et le succès qui a suivi, elle a connu une passe difficile au début des années 1990 : en proie à la dépression, elle vivait alors d'allocations en élevant seule sa fille, après l'échec de son premier mariage avec un journaliste portugais.

Autre source d'inspiration : sa jeunesse passée dans des villages semblables à Pagford. "Je me suis remémorée ce qu'était l'adolescence, et ce n'était pas une période particulièrement heureuse de ma vie", a confié J.K. Rowling, qui a vu sa mère tomber malade alors qu'elle avait quinze ans et ne s'entendait pas avec son père.

Une place à prendre séduira-t-il les foules et les critiques ? Peut-être, mais l'inverse ne serait pas un drame pour J.K. Rowling : "si quelqu'un dit 'c'est terriblement mauvais, retournez à vos sorciers', évidemment je ne vais pas faire la fête. Mais je pourrai vivre", a déjà prévenu la romancière.