"J'ai cru que c'était ma dernière heure"

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"J'ai cru que c'était ma dernière heure"
@ Reuters
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Pierre Camatte, l'ex-otage français au Mali, décrit ses ravisseurs comme "des fanatiques".

Pierre Camatte, l'ex-otage français détenu pendant quasiment trois mois dans le désert malien, a décrit jeudi à Bamako ses ravisseurs comme des "fanatiques", persuadés de détenir "la vérité suprême" et recrutant surtout des jeunes.

"Tous les jours, j'ai cru que ma dernière heure était arrivée", a-t-il raconté deux jours après sa libération, au cours d'une conférence de presse :

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) l'avait libéré mardi après avoir obtenu de Bamako la remise en liberté de quatre islamistes détenus au Mali.

Des conditions d'hygiène épouvantables

Evoquant les conditions de sa captivité dans le désert, l'ex-otage de 61 ans a énuméré les détails de son calvaire : "On est isolé, on ne doit pas bouger, il y a la chaleur du Sahara, les conditions d'hygiène épouvantables, une alimentation et une eau absolument dégoûtantes. (...) Le plus difficile, c'est la solitude".

"Ils veulent islamiser le monde entier"

"Ils ont le Coran qu'ils lisent tout le temps. (...) Ils disent que les musulmans de France ne sont pas de vrais musulmans, que ce sont eux qui détiennent la vérité et que leur objectif est d'islamiser le monde entier", a poursuivi Pierre Camatte.

Il s'exprimait devant la presse, en présence de Nicolas Sarkozy, du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner et du secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet.

Trois mois de captivité

Pierre Camatte avait été kidnappé le 26 novembre dans un hôtel de Ménaka (nord-est) par des Maliens de la région qui l'auraient ensuite "vendu" à Aqmi. Depuis, le Français aurait été retenu par le groupe de l'Algérien Abdelhamid Abou Zeïd, responsable de l'assassinat en juin d'un otage britannique. Dans le nord du Mali, Aqmi séquestre par ailleurs toujours trois Espagnols et un couple d'Italiens enlevés en Mauritanie.