Italie : mystère et polémique autour des clandestins rescapés

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Italie : mystère et polémique autour des clandestins rescapés
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Cinq immigrés clandestins ont raconté que 73 de leurs compagnons de voyage avaient péri en traversant la mer depuis la Libye.

Cinq Erythréens, recueillis jeudi dans un état grave au large de l'île italienne de Lampedusa, ont affirmé que 73 de leurs compagnons de voyage étaient morts d'épuisement alors qu’ils tentaient de traverser la Méditerranée. Des recherches ont été lancées pour tenter de les récupérer.

Problème : le récit des rescapés est remis en cause. Faute d’essence, les clandestins ont expliqué qu’ils avaient dû jeter à la mer les corps des 55 hommes et 17 femmes qui étaient morts de faim et de soif. A la dérive pendant 23 jours, leur embarcation aurait croisé de nombreux bateaux sans qu'aucun ne leur porte secours. A l'inverse, le porte-parole des forces armées maltaises a indiqué que les cinq clandestins, en bon état de santé, avaient reçu mercredi l'aide d'une vedette officielle. Mais les immigrants auraient refusé de monter à bord, n'auraient pas signalé de pénurie de carburant et auraient indiqué leur intention de continuer leur route en direction des côtes italiennes.

Huit cadavres ont bien été repérés en mer au cours des derniers jours. Mais il n’est pas encore établi qu’il s'agissait de ceux des immigrants érythréens recherchés.

Au-delà, cette affaire a relancé la polémique autour de la politique en matière d’immigration du gouvernement Berlusconi. Le Cavaliere a en effet signé un accord avec les autorités libyennes pour empêcher les départs par la mer des clandestins. Une loi, entrée en vigueur début août, considère en outre l'immigration clandestine comme un délit.

"Une chose est la lutte contre l'immigration clandestine, une autre est le manque de respect des droits de l'homme", a déclaré Dario Franceschini, secrétaire du Parti Démocrate, principal parti de l'opposition. Le quotidien de l’Eglise a quant à lui déploré "la nouvelle loi du non voir". Il a fait un parallèle, dans son éditorial, avec l'indifférence face aux convois de déportés par les nazis : "A l'époque, c'était le totalitarisme et la terreur qui faisaient fermer les yeux. Aujourd'hui non. Une indifférence tranquille, résignée, peut-être même une aversion gênée, sur la Méditerranée."