Italie : les gagnants et perdants du scrutin

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Italie : les gagnants et perdants du scrutin
L'ex-comique Beppe Grillo apparaît comme le seul véritable vainqueur des élections en Italie.@ REUTERS
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Au lendemain d'élections très serrées, le pays se dirige vers l’impasse politique.

Après plus d'un an de gestion technocrate, l'Italie espérait une majorité, c'est raté. Après les élections de dimanche et lundi des députés et sénateurs, le pays se retrouve avec une Chambre des députés à gauche et un Sénat sans majorité. Pour le futur gouvernement de centre-gauche, il faudra tenter d’obtenir une majorité occasionnelle, sans quoi les électeurs devront sans doute retourner aux urnes tôt ou tard. Le point sur les gagnants et les perdants d'un scrutin qui pose autant de problèmes qu'il en résoud.

#LES GAGNANTS

Beppe Grillo. L’ex-humoriste et blogueur est le seul vrai vainqueur de ce scrutin : son Mouvement 5 Etoiles peut se targuer d’avoir recueilli 25,5% des voix, un succès que les sondeurs n’avaient pas prévu. "En trois ans, nous sommes devenus le plus grand parti d’Italie", a réagi Beppe Grillo. Au total, son mouvement compte plus de 160 élus, qui ont bien l’intention de jouer les trublions dans la vie politique italienne.

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pier luigi bersani

© REUTERS

Pier Luigi Bersani. Sa coalition de gauche a remporté la majorité à la Chambre des députés. Mais ce résultat, Pier Luigi Bersani le doit surtout à la loi électorale italienne, qui offre à la coalition arrivée en tête une prime à la majorité. Alors qu’il était donné largement vainqueur dans les sondages il y a quelques mois, il n’a disposé lundi que d’une courte avance. Au Sénat, où la prime de majorité est attribuée par région, il ne parvient pas à transformer l’essai. Lundi, Pier Luigi Bersani a même fait part de son inquiétude, estimant que "le pays affronte une situation très délicate".

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Silvio Berlusconi. Parti sous les huées en 2011, empêtré dans des affaires, l’ex-président du Conseil a réussi à opérer une remontée spectaculaire, avec 30,71% des voix au Sénat. Un résultat qualifié d’"extraodinaire" par son camp, qu’il doit peut-être à ses promesses de baisser les impôts et même de rembourser une taxe foncière très impopulaire.

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#LES PERDANTS

monti triste

© Reuters

Mario Monti. Il y a encore quinze mois, le "Professore", président du Conseil sortant, était considéré comme le sauveur de l’Italie. Dimanche et lundi, sa coalition centriste n’est arrivée qu’en quatrième position, avec environ 10% des voix dans chaque chambre, le seuil minimum pour avoir des élus.

L’Italie. Dans la presse, la consternation prévaut. "Un vote choc qui nous donne un Parlement bloqué", titre mardi le Corriere della Sera. Une nouvelle fois, l’Italie risque d’apparaître ingouvernable, puisqu’aucune alliance ne semble être assez forte pour former un gouvernement stable. Pour Massimo Razzi, dans La Repubblica, il n’y a qu’une seule issue possible : retourner aux urnes, sous l’œil inquiet des partenaires européens de la troisième économie de la zone euro.

L'Europe. L'élection était scrutée à la loupe par l'Union européenne. Qui ne pourra que constater son impopularité : plus de la moitié des électeurs italiens, échaudés par une année d'austérité, se sont ralliés à des plates-formes anti-européennes de Silvio Berlusconi et Beppe Grillo.