Iran : nouvelle répression de manifestations à Téhéran

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Iran : nouvelle répression de manifestations à Téhéran
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La police a employé la force pour disperser des milliers de partisans de l'opposition, rassemblés jeudi à Téhéran.

Plus de 3.000 manifestants se sont rassemblés jeudi au Grand Mossala, lieu de prière à ciel ouvert du centre de Téhéran. Les autorités iraniennes y avaient pourtant interdit une cérémonie de deuil célébrée en hommage aux victimes de la manifestation violemment réprimée du 20 juin. "Les manifestants levaient les bras en l'air, faisant le signe de la victoire, tandis que la police tentait de les disperser", a rapporté un témoin.

La police a également chargé des milliers de protestataires sur l'avenue Vali Asr, une grande artère du centre de la capitale, faisant usage de gaz lacrymogène, ont affirmé des témoins. "Mort au dictateur", "Libérez les prisonniers politiques" et "Ya Hossein! Mir Hossein!", scandaient les manifestants en référence au chef de l'opposition, Mir Hossein Moussavi, arrivé deuxième de la présidentielle du 12 juin.

Auparavant, plus de 2.000 personnes s'étaient massées au cimetière de Beheshte Zahra, dans le sud de la capitale, où sont enterrés la plupart des victimes des troubles. Mehdi Karoubi, un autre chef de l'opposition, a pu se recueillir sur les tombes. Mir Hossein Moussavi a lui été contraint de rebrousser chemin par les centaines de policiers anti-émeutes déployés.

Des fleurs et des bougies ont pu être déposées sur la tombe de Neda Agha-Soltan, la jeune femme tuée par balle le 20 juin dernier devenue le symbole de la contestation de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Le président réélu doit prêter serment devant le Parlement le 5 août.

Plusieurs personnes ont été arrêtées, ont raconté des témoins, dont le réalisateur Jafar Panahi, sa femme et sa fille. La presse étrangère n'a toujours pas le droit de couvrir les manifestations de l'opposition.