Iran : heurts entre police et manifestants

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Iran : heurts entre police et manifestants
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Des milliers de partisans de l'opposant Moussavi ont défilé mercredi à Téhéran, 23 d'entre eux auraient été arrêtés.

Cinq mois après la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinedjad, qui avait déjà donné lieu à des heurts violents, de nouveaux affrontements entre forces de l'ordre et partisans de l'opposant réformateur Mirhossein Moussavi ont eu lieu mercredi à Téhéran. Des milliers de personnes, scandant des slogans hostiles au président, se sont réunies dans le centre-ville en dépit de l'interdiction décrétée contre tout rassemblement "illégal".

La police est alors intervenue pour disperser la manifestation par le tir de gaz lacrymogènes. Selon le site internet Mowjcamp, proche de l’opposition, les forces de l’ordre ont même ouvert le feu, et plusieurs personnes ont été blessées. Cette information n'a pas été confirmée de source indépendante. Le site affirme par ailleurs que 23 manifestants ont été interpellés à Téhéran et à Rasht, dans le nord du pays.

Les opposants profitent en fait des rassemblements officiels pour faire entendre leur voix. Les dirigeants de l'opposition, Mirhossein Moussavi et Mehdi Karoubi,avaient ainsi appelé leurs partisans à descendre dans la rue, à l'occasion de l'anniversaire de l'occupation de l'ambassade américaine, pour protester contre le gouvernement d'Ahmadinedjad. Les gardiens de la Révolution et les Bassidjis avaient prévenu l'opposition de ne pas chercher à exploiter ces rassemblements anti-américains pour ranimer le mouvement de protestation né en juin.

Mais les dirigeants de l'opposition ont passé outre cet avertissement. Le site Mowjcamp précise même que Mehdi Karoubi a rejoint les manifestants et qu'il s'est rendu à pied devant l'ancienne ambassade des Etats-Unis, dans le nord de la ville. Par ailleurs, des sites internet réformateurs avaient aussi appelé la population iranienne à se rassembler devant l'ambassade de Russie, apparemment pour protester contre la reconnaissance par Moscou de la réélection de Mahmoud Ahmadinedjad.

A Paris, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a qualifié la situation en Iran de "dangereuse" et de '"tendue".