Interview d'Assad : "100% de mensonge, de propagande, de cynisme" pour Ayrault

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Interview d'Assad : "100% de mensonge, de propagande, de cynisme" pour Ayrault
"J'ai pris connaissance de cette interview avec une profonde tristesse et une grande consternation."@ STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Les déclarations tenues jeudi par le président Bachar al Assad sont un mensonge et relèvent de la propagande, a déclaré vendredi à Pékin Jean-Marc Ayrault.

Le président syrien Bachar al-Assad, en jugeant que l'attaque chimique présumée dont il est accusé était une "histoire fabriquée à 100%", a fait preuve de "100% de mensonge et de propagande, de cruauté et de cynisme", a déclaré vendredi Jean-Marc Ayrault.

"La réalité, c'est plus de 300.000 morts". "J'ai pris connaissance de cette interview avec une profonde tristesse et une grande consternation", a ajouté le ministre français des Affaires étrangères, en visite officielle à Pékin. "La réalité, c'est plus de 300.000 morts c'est 11 millions de personnes déplacées ou réfugiées (...) c'est un pays détruit. C'est ça la réalité. Ce n'est pas un fantasme", a-t-il martelé.

Bachar al-Assad dément. Dans un entretien mercredi à l'AFP, Bachar al-Assad avait accusé les Occidentaux d'avoir "monté toute l'histoire" de l'attaque chimique présumée contre une ville rebelle syrienne afin de préparer, selon lui, le terrain à des frappes américaines contre son armée. Interrogé sur cette attaque chimique présumée dans la ville de Khan Cheikhoun, dont les images de personnes saisies de convulsions ont choqué le monde, Bachar al-Assad a démenti toute implication, assurant "qu'aucun ordre n'avait été donné" et que le régime de Damas "ne possédait pas d'armes chimiques".

Un "crime de guerre". Ce que réfutent aussi bien les Européens que Washington, qui a qualifié l'attaque contre Khan Cheikhoun de "crime de guerre". "Pour y mettre fin, il faut un cessez-le-feu réel, qui cantonne les forces aériennes et militaires syriennes, garanti par la communauté internationale", a estimé vendredi Jean-Marc Ayrault, à l'issue d'une entrevue avec son homologue chinois Wang Yi. Il a ainsi appelé à "la reprise d'un processus politique, d'une négociation politique pour une transition dans le cadre de la résolution 2254 des Nations Unies".

Pékin réclame une enquête. "Il n'y a pas d'autre voie possible", a-t-il insisté, avant de "remercier" la Chine pour "sa position indépendante et sage, et le rôle qu'elle joue dans ce sens au Conseil de sécurité" de l'ONU. "Nous allons travailler ensemble avec la France pour (...) réaliser un cessez-le-feu véritable et de réaliser une réconciliation effective", a déclaré Wang Yi vendredi lors d'une brève conférence de presse à laquelle il est arrivé main dans la main avec son homologue français. Concernant l'attaque chimique présumée, Pékin continue de plaider pour que soit "menée au plus tôt une enquête indépendante, équitable et professionnelle pour tirer au clair cette affaire", a ajouté le ministre chinois.