Interprètes afghans : ils réclament un visa pour la France

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Interprètes afghans : ils réclament un visa pour la France
@ PEDRO UGARTE / AFP
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INTERNATIONAL - Ils manifestaient jeudi 0 kABOUL pour demander l'aide de la France. Depuis le départ des troupes, ils sont menacés de mort par les talibans.

Ont-ils été abandonnés par l'armée française ? Les interprètes afghans qui ont travaillé auprès des soldats français pendant des années ont lancé jeudi un cri d'alarme lors d'une manifestation à Kaboul. Depuis que les troupes ont quitté leur pays en décembre, ils se retrouvent seuls face aux menaces des talibans.

Déménager tous les mois. Des menaces de mort, parfois quotidiennes, voilà ce que doivent vivre certains interprètes. Comme Abdul Razik qui a travaillé pendant 13 ans comme interprète pour l'armée française. Il accompagnait les soldats français, vêtus d'un uniforme, lors de leurs patrouilles dans les villages afghans. 

Depuis le départ des troupes, il est obligé de déménager tous les mois. Précaution insuffisante puisqu'il continue à recevoir des menaces. Il y a quelques jours encore, il a retrouvé un tract collé sur sa porte. "C'est marqué 'laïc, espion, traître' sur le papier", raconte-t-il à Europe 1. "C'est toujours la même chose, on a peur, même de notre voisin", déplore-t-il. Il reçoit aussi "des coups de fil" où on le menace de kidnapping et de décapitation. "Je demande à l'Etat français de sauver nos vies.  Il n'y a pas d'autre solution", estime-t-il. 

Encore 130 demandes à examiner. Le seul moyen d'échapper aux talibans, aux yeux de ces interprètes, c'est d'obtenir un visa pour la France. Mais ils accusent l'ambassade à Kaboul de ne plus en délivrer un seul. 

Au ministère des Affaires étrangères à Paris, on assure pourtant qu'un dispositif existe toujours afin d'examiner leurs demandes. Mais la méthode est celle de l'examen au cas par cas. Par conséquent, sur 200 demandes, seuls 70 interprètes afghans ont pu rejoindre la France. Tout le contraire de la Grande-Bretagne qui a été condamnée par la justice anglaise à accepter sur son sol l'ensemble des interprètes afghans qui ont travaillé pour elle. 
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