Inde : écran noir après l’interdiction d’un documentaire sur le viol

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Inde : écran noir après l’interdiction d’un documentaire sur le viol
@ Capture d'écran Twitter
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La chaîne NDTV a protesté contre l’interdiction d’un documentaire controversé sur le viol d’une étudiante, qui avait eu lieu en 2012.

La polémique autour de India’s Daughter n’est pas retombée en Inde. Une chaîne d’information indienne, NDTV, a affiché dimanche soir un écran noir pour protester contre l’interdiction de diffusion de ce documentaire controversé. Le film revenait sur le viol en réunion d’une étudiante, qui avait mis le pays en émoi en 2012. Durant une heure, de 21h à 22h, les téléspectateurs ont ainsi pu voir un fond noir, avec une flamme vacillante au-dessus d’une inscription India’s Daughters.

L’arrière petit-fils de Gandhi défend la chaîne. La chaîne n'a fait aucun commentaire sur cette interdiction, mais sa directrice de la rédaction Sonia Singh avait écrit auparavant sur Twitter : "Nous ne hurlerons pas mais nous serons entendus". Cette interdiction a suscité un tollé en Inde et la décision de NDTV a été largement saluée. "J'aimerais pouvoir poster un tweet noir en solidarité avec la protestation de NDTV", a twitté Tushar Gandhi, l'arrière petit-fils du héros de l'indépendance, le Mahatma Gandhi. La BBC, elle, avait anticipé sa diffusion dès mercredi.

Un documentaire interdit par la justice. Un tribunal indien avait ordonné l'interdiction de ce documentaire en raison de propos tenus par l'un des condamnés à mort pour le viol en réunion et la mort d'une étudiante. En effet, les autorités craignaient des troubles à l'ordre public. Le ministre de l'Intérieur, Rajnath Singh, avait estimé, pour justifier la demande d'interdiction, que les commentaires d'un des condamnés étaient "très offensants et (constituaient) un affront à la dignité des femmes". Mukesh Singh, le conducteur du mini-bus dans lequel la jeune femme avait été violé, avait notamment affirmé : "une fille respectable ne doit pas traîner dans les rues à 21 heures. Les filles sont bien plus responsables des viols que les garçons".

Un crime qui a choqué l’Inde. La jeune étudiante avait été violée dans un mini-bus, à New Dehli, fin 2012. La jeune femme rentrait du cinéma, en compagnie d’un ami, quand elle a été sauvagement violée tandis que le jeune homme qui l’accompagnait avait été violemment battu. L’étudiante de 23 ans était morte de ses blessures, plusieurs semaines après les faits. Ce crime avait suscité une gigantesque indignation dans le pays et des manifestations de grande ampleur.