Ils se battent au sommet de l'Everest

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Ils se battent au sommet de l'Everest
La bagarre a éclaté alors que les alpinistes et les sherpas se trouvaient à plus de 7.000 mètres d'altitude.@ REUTERS
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Un pugilat a éclaté entre alpinistes européens et sherpas, à plus de 7.000 mètres d’altitude.

L’info. La route qui mène au "toit du monde" est semée d’embûches. Mais les alpinistes ont rarement à affronter ce genre de difficulté : une expédition vers le sommet de l’Everest a viré au pugilat samedi entre des alpinistes européens et les sherpas qui les accompagnaient pour assurer la cordée. La bagarre a éclaté alors que le groupe se trouvait à plus de 7.000 mètres d’altitude.

Deux alpinistes expérimentés. L’Italien Simone Moro et le Suisse Ueli Steck sont deux alpinistes expérimentés : le premier a déjà atteint quatre fois le sommet de l’Everest et le second est réputé pour ses exploits en solitaire et ses records de vitesse. Avec le photographe britannique Jon Griffith, les deux hommes ont décidé de rejoindre le sommet par une voie gardée secrète et sans oxygène. Mais alors qu’ils approchaient du camp de base numéro 3, à 7.470 mètres d’altitude, d'où partent les expéditions vers le sommet, l’aventure a tourné court. A cet endroit, les sherpas népalais leur ont en effet demandé d’attendre qu’ils aient préparé les cordes pour l’ascension. Un appel que les deux alpinistes n’ont pas écouté, préférant se mettre immédiatement en marche pour le sommet, à 8.848 mètres. A ce moment-là, de la glace est tombée, atterrissant sur les guides, déjà passablement énervés.

Une photo publiée par Simone Moro début avril :

Coups de poing et jets de pierres. Un peu plus tard, le même jour, une foule furieuse de Népalais du camp de base a fondu sur les tentes des alpinistes qu’ils ont arrosés de pierres jusqu’à ce que les occupants en sortent. Les deux camps en sont alors venus aux mains. Puis, "la foule est partie et les alpinistes ont ramassé leurs affaires", selon un Américain témoin de la scène. "Ils sont passés devant nous, en redescendant". Ueli Steck a passé une nuit à l’hôpital près de l’aéroport de Katmandou mais ne semblait pas blessé, selon un policier.

Des raisons "compliquées". D’après la revue spécialisée Climb Magazine, le photographe Jon Griffith a assuré que les raisons de l’attaque étaient "compliquées". "Elles ont à voir avec la relation entre les Occidentaux et les Népalais sur la montagne depuis des années, et pas seulement avec nos actes à nous", assure le photographe, ajoutant : "j’aime à penser que toute personne ayant déjà grimpé avec nous savent que nous en sommes plus que capables et que nous ne nous mêlerions jamais du travail des sherpas".

Une enquête ouverte. La police himalayenne a ouvert une enquête. Lundi, les autorités népalaises ont promis d’assurer la sécurité des alpinistes sur les pentes de l’Himalaya. L’incident ne semble en tout cas pas avoir entamé la détermination des alpinistes. Lundi matin, Ueli Steck et Simone Moro se sont retrouvés au camp de base de l’Everest, pour tenter une nouvelle ascension.