Ils saccagent une pyramide de 5.000 ans
Des malfaiteurs ont détruit une pyramide du site archéologique d'El Paraiso, près de Lima. © REUTERS

Au Pérou, des malfaiteurs munis d’une pelleteuse ont vandalisé un site archéologique.

Situé près de la mer, dans la région de Lima, El Paraiso est le plus ancien site archéologique de la côte centrale du Pérou, et aussi le plus ancien. En février 2013, les chercheurs y ont fait une découverte cruciale : une plaque vieille de quelque 5.000 ans, associée à la tradition religieuse précolombienne. De quoi en faire l’un des sites plus anciens du continent américain. Mais il y a quelque jour, ce joyau du patrimoine péruvien a été en partie détruit par des malfaiteurs.

Une pyramide détruite et incendiée. Les faits remontent à samedi. A bord d’une pelleteuse , les vandales se sont introduits sur le site et ont "détruit une pyramide qui faisait six mètres de haut et 2.500 m2 de superficie, appelée secteur 12", a annoncé le ministère péruvien de la Culture. Une fois la pyramide détruite, les malfaiteurs ont déversé des ordures sur le site et y ont mis le feu, prétendument pour le nettoyer. La police a réussi à les mettre en fuite alors qu’ils avaient l’intention de détruire d’autres pyramides.

Pérou site El Paraiso, 460 REUTERS

Une société immobilière dans le viseur. Les autorités pointent du doigt une société immobilière, qui aurait agi avec la complicité d’une famille de la région. "Ce n’est pas la première fois qu’ils essaient de s’approprier ce site. Ils disent qu’ils sont propriétaire, même si ces terres sont intouchables", souligne Marco Guillén Hugo, un archéologue travaillant à El Paraiso, auprès du quotidien El Comercio. Le site d’El Paraiso est en effet sous contrôle de l’État. Au Pérou, la destruction de monuments appartenant au patrimoine culturel de la nation est passible d’une peine allant jusqu’à huit ans de prison.

Une perte irréparable. La perte de la pyramide est un dommage "irréversible" pour le quotidien péruvien. Au total, El Paraiso comptait douze pyramides et s’étend sur 64 hectares. Des travaux de mise en valeur du site avaient débuté en décembre 2012. D’après les archéologues, entre 1.500 et 3.000 personnes y auraient vécu en 3.000 avant notre ère. Environ 100.000 tonnes de pierres auraient été utilisées pour bâtir El Paraiso, un lieu comparé à la ville sacrée de Caral, au nord de Lima, l’une des plus anciennes au monde.